Latest Posts

Inspiration

Aventures

En road-trip dans le Cercle Polaire Arctique

Trois semaines d'aventure avec le Nord pour seule direction

À l’occasion d’un road-trip en Scandinavie, Fabien, Marc et Damien se demandaient à quoi pouvait bien ressembler la Norvège en hiver. Une question à laquelle peut désormais répondre Julien, parti seul à bord de son van en direction du Grand Nord pour découvrir le froid, le vent et la quiétude du Cercle Polaire Arctique.

 


 

C
e samedi-là, le ferry qui accoste sur la côte sud de la Norvège est celui que j’ai réservé il y a à peine un mois, lorsque je campais dans mon petit van au pied de la base navale de Bordeaux. Ce voyage murissait dans ma tête depuis de longues années déjà. Cheyenne – mon van – et moi débarquerons au port de Kristiansand, tout au sud de la Norvège. Partir seul pour trois semaines de road trip dans le cercle polaire Arctique est un acte réfléchi. Prendre le temps d’assimiler ce qui m’arrive, de m’arrêter m’imprégner de cette lumière du Nord, d’observer, de me gorger du sentiment de liberté que l’aventure fait naitre.

Partir avec sa maison sur roues, c’est la garantie d’un minimum de confort à bord : de l’eau, un matelas, quelques couvertures, un petit réfrigérateur et un réchaud à gaz. Rassurant ! Et puis j’ai lu ce livre de Sylvain Tesson sur son aventure seul, pendant 6 mois, dans une cabane en Sibérie. L’envie d’une nature riche et sauvage motivera mes premiers pas en cette région du Nord de l’Europe.

La démographie norvégienne étant l’une des moins denses du monde, il y a de fortes chances que je trouve peu de monde sur la route, surtout en Avril ! Sentir cette impression de demeurer seul face à la nature reste un exercice difficile de nos jours, mais pas impossible.

En débarquant au port de Kristiansand, Cheyenne attire le regard des enfants : quel drôle de petit van blanc avec sa ligne carrée des années quatre-vingt, chaussée de ses gros pneus et arborant ses deux antennes avant et arrière. Elles me permettent de garder une liaison radio même en cas d’absence de réseau.

J’emprunte la route de la côte Ouest pour rejoindre les premiers fjords et me mettre dans le bain. La beauté des paysages qui m’entourent me frappe immédiatement. C’est très clair, ici, l’humain respecte la nature ! Pour bivouaquer, j’ai également l’embarras du choix. Il est même difficile de choisir, tant chaque endroit donne envie. Je m’arrête finalement près d’une petite cabane rouge typique au pied d’un fjord, j’ai un peu de travail de post production à faire. Un shooting photo que j’ai réalisé en chemin sur le thème scandinave. Quel endroit mieux adapté que les fjords pour travailler ces images !

Peu avant mon départ j’ai équipé Cheyenne d’une batterie supplémentaire et d’un panneau solaire pour assurer une bonne autonomie et brancher mon matériel. À la lueur d’une petite guirlande lumineuse, je travaille en silence, entouré d’eau et d’une douce bande de lumière que reflètent les vaguelettes s’abandonnant sur la rive. Pour le dîner, comme je n’ai pas envie de cuisiner, je joue local : j’ai acheté du poisson séché sur la route que je grignote tranquillement, accompagné d’une bière blonde. Délicieuse association.

Les tempêtes successives de pluie, de grêle et de neige, accompagnées d’un vent violent, ne facilite pas la tâche pour mes sorties prises de vue. Je finis pourtant par m’y habituer et y prends même goût. Quoi de mieux que d’avoir le sentiment de mériter sa prise ? Sur ces routes sûres, mais où l’on roule doucement, chaque jour est une aventure, donnant l’impression que ces 3 semaines se sont déroulées en un clin d’oeil.

Selon les endroits traversés, les paysages se fondent en de vastes plaines sur lesquelles se disputent de grandes herbes jaunes sans cesse balayées pas les intempéries. Ici, de vastes étendues d’eau d’où surgissent d’énormes massifs rocheux culminent jusqu’à plus de 1000 mètres d’altitude, de quoi donner le vertige. Là, de la neige d’un blanc immaculé à perte de vue, implacable et tenace, m’obligeant à une conduite ultra prudente.

Il m’aura fallu plus de 4000 kms pour atteindre le Cercle Polaire Arctique. À cette époque de l’année, la région revêtue d’un immense manteau blanc est d’une beauté inouïe. Ce paysage d’une grande douceur me rappelle les récits d’aventures que je lisais adolescent. Un large sourire se dessine sur mon visage.

Je mesure la chance que j’ai de pouvoir vivre cela. J’y passe la journée, puis finalement la nuit. À 14 degrés en dessous de zéro et sans chauffage, pas moins de trois couvertures et une demi-bouteille de Jack seront nécessaires pour m’endormir sous un ciel étoilé comme jamais.

 

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

NE MANQUEZ RIEN !

Un bon bol d'air frais et de créativité, 
une fois par semaine 
dans votre boîte mail


MERCI BEAUCOUP !

Et à très vite...