Quatre jours de course au Pérou, pour le Half Marathon des Sables

120 kilomètres entre les dunes du désert d'Ica, l'une des zones les plus arides du globe

Que ce soit en plaine, en forêt ou en montagne, le trail permet de traverser des paysages exceptionnels. Il y a quelques semaines, Damien nous emmenait au coeur des montagnes suisses, pour une aventure de col à col sur la Via Alpina. À peine rentré, il a pris la direction du Pérou pour participer à la première édition du Half Marathon des Sables : 120 kilomètres de course à pied dans le désert d’Ica.

Une aventure sportive réalisée en partenariat avec On, la marque de running suisse, qui l’a équipé de son dernier modèle de chaussures trail, la Cloudventure

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es coureurs esseulés qui progressent difficilement au milieu des dunes de sables, sous un soleil infernal… Depuis plus de 30 ans, les images du Marathon des Sables font « rêver » nombre de coureurs qui souhaitent s’engager dans cette aventure au format original : parcourir des kilomètres de désert en autonomie alimentaire.

Récemment, le concept s’est démocratisé. Avec le Half Marathon des Sables, la course se fait plus courte, passant de 250 à 120 kilomètres. Plus accessible (pour les coureurs entraînés malgré tout), elle propose aussi, et pour la première fois, de découvrir une région dont beaucoup d’entre nous ignore l’existence : le désert d’Ica, au Pérou.

Quand on me propose de participer au premier H-MDS Peru, 3 mois avant le départ, je suis partagé entre l’excitation de découvrir une nouvelle destination, et le doute face à l’inconnu d’une épreuve dont je suis bien conscient des difficultés. Du reste, je dois ferrailler contre les « encouragements » de Thomas et Solene, qui sont persuadés que je n’en reviendrai jamais… Je les en remercie chaleureusement aujourd’hui.

Mais on cède facilement à l’appel du large. Réalisé un mois avant le départ au Pérou, notre voyage en Suisse avec On me servira de stage de préparation, bien qu’il y fasse 30 degrés de moins que dans le désert d’Ica !

Avant la course : la préparation du sac

La principale difficulté du H-MDS n’est peut-être pas la distance, mais la logistique. La course repose sur un principe d’autonomie : chaque coureur est en auto-suffisance alimentaire et doit porter tout ce dont il aura besoin pendant et après la course (hormis l’eau, fournie par l’organisation). On prend donc la ligne de départ avec un sac de 7 kilos sur le dos, dont le contenu doit être soigneusement pensé, pesé et optimisé :

  • Nourriture : 4 kilos de plats lyophilisés qui doivent fournir un minimum de 2 000 calories par jour, bien qu’on soit plutôt autour de 3 000 calories. Le choix est assez varié entre les plats salés (pâtes, riz, purée, taboulé) et sucrés (compote, crème, muesli). Ajoutez à cela les barres énergétique à déguster durant la course (là aussi, il en existe pléthore), les boissons d’effort (un apport de glucides et de minéraux important, surtout lorsqu’il fait chaud) et celles de récupération.
  • Nécessaire de cuisine : un réchaud de type « Esbit » dans lequel on fait brûler des pastilles d’alcool, une cuillère et une popote. Assez rudimentaire, donc. Je n’ai jamais été un grand cuisinier, de toute façon…
  • Couchage : un tapis de sol et un bon sac de couchage sont indispensables. Le sac doit être suffisamment chaud (la nuit, les températures peuvent descendre à 10°C), léger et compact. Vous pouvez consulter le guide du Vieux Campeur pour choisir son sac de couchage, qui est très complet.
  • Matériel obligatoire (demandé par l’organisation) : crème solaire, miroir de signalisation, couteau, passeport, lampe frontale, couverture de survie, briquet, sifflet, antiseptique, épingles à nourrice, argent.
  • Vêtements : on ne part pas en vacances, donc on n’emporte quasiment rien (non, je ne me suis pas changé pendant 4 jours) si ce n’est un coupe-vent, bien utile pour les soirées sur le bivouac. La tenue de course est quant à elle relativement classique. En revanche, les guêtres, le tour de cou et les bâtons sont indispensable pour affronter le sable !

L’arrivée : l’avion, le bus, le désert

Début décembre, j’atterris à Lima avant de prendre place à bord d’un bus, pour une courte nuit. Le désert d’Ica se situe à quelques heures de route au Sud de la capitale, le long de la côte Pacifique. La région de Nazca, tout à côté, retient certainement davantage l’attention des visiteurs, puisque c’est ici qu’on trouve les fameux “géoglyphes”, ces lignes qui s’étendent au sol sur des kilomètres en dessinant des formes mystérieuses.

Le bus nous dépose aux portes du désert, où nous attendent des véhicules plus adaptés pour partir à l’assaut des dunes. Le soleil se lève à peine mais il fait déjà très chaud. Un bon aperçu de ce qui nous attend pour les quatre prochains jours. Au programme :  une première étape de 27 kilomètres, suivie d’une grosse journée de 67 kilomètres, un jour de repos, pour finir sur un dernier round de 22 kilomètres.

On atteint enfin le camp de base, au bord de l’océan. Le paysage est impressionnant, le désert se jette littéralement dans l’eau. Plus question de reculer ! Il est 20h, je vais me coucher. Il s’agit d’être en forme demain matin…

Étape 1 : 27 km, un round d’observation

Novice en matière de course dans le sable, je décide d’entamer la journée sur un rythme tranquille afin d’arriver le plus frais possible au départ de la grosse étape du lendemain. De toute façon, il est impossible de partir en sprint sur les 10 premiers kilomètres : les pieds s’enfoncent dans le sable, chaque foulée sur ce sol instable demande un effort important.

On bifurque pour s’attaquer à une dune immense dont on distingue à peine le sommet. Plus on monte, plus le sable est fin et glisse sous les chaussures. Un pas en avant, deux en arrière, c’est interminable. Au sommet, la vue sur l’océan est vertigineuse et récompense les coureurs essoufflés. Il ne reste que 15 kilomètres, qui nous éloignent encore de l’océan et nous font prendre la mesure de l’étendue du désert.

Arrivé au campement, chacun prépare son repas de la même façon. On fait chauffer un peu d’eau sur le réchaud, puis on verse le contenu du plat lyophilisé. Là, tout est affaire de précision : si on met trop d’eau, on obtient un bouillon, si on n’en met pas assez, on mange une purée. C’est rarement gastronomique, mais on s’en contente largement après un telle journée, avant de se glisser dans son sac de couchage pour la nuit.

Étape 2 : 67 km, la vraie course

La deuxième étape est la plus redoutée. C’est finalement là que débute et finit la course. Avec 67 kilomètres au compteur, on sait que la journée va être longue. Même en partant à l’aube, nombreux sont ceux qui finiront bien après le coucher du soleil, à la lumière de leurs frontales.

Le départ est donné à 5h30, pour un itinéraire finalement raccourci d’une dizaine de kilomètres en raison des conditions météo. Le brouillard qui s’accroche aux sommets ne permettra pas une visibilité suffisante en fin de journée. Plus que 56 km, c’est déjà ça de gagné !

Contrairement à ce que j’imaginais, je prends le départ de manière assez apaisée, voire résignée. La ligne d’arrivée est tellement loin que tout stress ou adrénaline liés au résultat semblent bien inutiles. Je sais que l’effort va être long, qu’il faut être régulier et que l’endurance prime sur la vitesse.

Bien que le désert soit vallonné, le relief est très ouvert. Chaque dune offre un point de vue étendu sur la suite du parcours. Au sommet, on découvre quel sera notre chemin pour les prochains kilomètres. Aussi excitant qu’il puisse paraitre, ce sentier qui s’étire au loin peut se révéler décourageant : lorsque le vent souffle de face, on a le sentiment d’avancer au ralenti. La seule chose à faire ? Fixer un point, au loin, qui se rapproche très, très doucement.

Le vent sera d’ailleurs mon principal ennemi ce jour là. Il souffle en continue, soulève le sable qui vient me fouetter les jambes et le visage. On n’y pense pas tout de suite, mais le vent engendre bien d’autres difficultés : remettre de la crème solaire quand on a les mains pleines de sable est aussi agréable que de se frotter avec du papier de verre.

Finalement, je trottine plus que je ne cours réellement. Dès que le sable devient trop meuble ou que la piste remonte, je passe sur un rythme de marche soutenu. Là, les bâtons sont un allié précieux. Je suis très étonné de voir qu’une bonne partie des coureurs n’en ont pas.

Le paysage défile inlassablement. C’est drôle, certaines portions sur lesquelles le sable se transforme en gravier sombre me rappellent les paysages découverts en Islande. Déjà, la plus grande partie de l’étape est derrière moi. Les 10 derniers kilomètres sont les plus éprouvants. Est-ce la fatigue, la perspective de finir, ou le soleil qui tape fort à cette heure là ? Sans doute un peu tout cela à la fois.

Après 8 heures d’effort, je passe la ligne d’arrivée avec soulagement. Le plus dur est fait !

Étape 3 : 22 km, la dernière ligne droite

Dernier jour. Après une journée de repos bien méritée, les 22 derniers kilomètres ne sont qu’une formalité. Au lever du soleil, chacun plie sa tente, ferme une dernière fois son sac maintenant bien allégé, et s’élance sur la ligne de départ. Bizarrement, alors que la fin approche, on accélère le rythme, presque euphorique d’arriver au bout de cette aventure sportive.

Le parcours est d’ailleurs plus roulant. Au bord de l’océan, on a quand même le temps d’apercevoir quelques pêcheurs qui naviguent au loin. Et arrive le dernier kilomètre. Les jambes se font plus légères, on plisse les yeux pour apercevoir la ligne d’arrivée. Elle est là-bas, dans le creux de la dune ! Je dévale la dernière colline à grandes enjambées, pour terminer sur un sprint final. C’est fait ! C’est Solene et Thomas qui vont être surpris de me voir revenir entier !

Le Half Marathon des Sables est une course à part, à la fois intense et immersive. Au delà d’une simple compétition, ces 4 jours permettent de faire l’expérience du voyage en autonomie au coeur du désert. Bien que l’épreuve soit plus accessible que son aînée, le Marathon des Sables, elle s’adresse aux coureurs (ou aux marcheurs) motivés et entraînés. Vous saurez quoi faire lors de vos prochaines vacances à la plage…

Pour participer à la prochaine édition du Half Marathon des Sables, c’est par ici.

 

Ce récit a été réalisé en partenariat avec On.

Née dans les Alpes suisses en 2010, la marque On s’est installée avec une grande ambition : révolutionner le running. Sa technologie brevetée CloudTec® est conçue pour offrir un amorti doux suivi d’une poussée dynamique. Le résultat ? Une sensation de course incroyablement légère, sans aucun compromis sur le rembourrage et la protection contre les impacts.

Pour découvrir la chaussure Cloudventure, c’est par ici.

  • Cam Dewoods 17 January 2019

    Les photos sont superbes ! J'en rêve... un jour peut-être :D

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