Le petit guide du bivouac : 5 conseils à suivre pour dormir dans la nature

Choisir son emplacement, monter sa tente, organiser le campement, faire un feu, choisir ses aliments... Tout savoir pour dormir au milieu de nulle part !

Après notre guide ultime du camping en Islande et celui des 5 items indispensables pour survivre dans la nature, voici venu le tour du guide du parfait bivouac. Guillaume Pouyau nous livre tous ses secrets pour choisir son terrain, monter sa tente, cuisiner et profiter d’une nuit en pleine nature.

 


 

L
a journée a été longue, tout comme le chemin parcouru aujourd’hui. Les jambes commencent à être lourdes, le soleil est déjà bas… Il est temps de s’installer ! Ça tombe bien, le coin est superbe et il fait grand beau. Poser sa tente au milieu de nulle part pour une nuit : voilà ce qu’est le bivouac. À l’inverse du camping, le bivouac ne dure pas dans le temps et ne nécessite pas d’installations permanentes.

En France, le camping sauvage (plusieurs nuits au même endroit) est interdit sur la quasi totalité du territoire. Le bivouac, par contre, est en général toléré du coucher du soleil jusqu’au lever notamment dans certains Parcs Nationaux et Régionaux. Renseignez vous à l’avance, on trouve tout ce qu’il faut sur internet.

Car la règle n’est pas la même partout :dans les pays nordiques, qui ont une approche particulière de la nature qu’ils considèrent comme appartenant à tous, on peut bivouaquer sans soucis et n’importe où, hormis signalement explicite ou à proximité d’une habitation. On parle de l’allemannsretten en Norvégien ou de l’allemansrätt en Suédois : le « droit de tout un chacun » de disposer de la nature et de ses fruits.

Du bon terrain à l’installation du campement, voici les 5 règles indispensables à respecter pour installer un bivouac parfait.


© Guillaume Pouyau – Hélène Degousée

1. Le bon terrain

Un bon emplacement, c’est primordial pour son confort mais aussi pour sa sécurité. On oublie tout ce qui est cuvettes ou lits de rivière asséchés : s’il pleut, la tente se retrouvera dans une vraie piscine ! De même, on évite les points culminants en cas de temps orageux, mais aussi les cols ou les crêtes car le vent y est souvent fort et tourbillonnant. On s’éloignera également du pied d’une falaise ou dans une zone d’éboulement, histoire de ne pas se prendre un “caillou” sur la tête pendant la nuit.

Il faut aussi vérifier que le sol n’est pas composé uniquement de cailloux ou de sable : la tente sera difficile à fixer, surtout si elle n’est pas auto-portante. Il est toujours possible de l’arrimer à de grosses pierres ou à des troncs avec de la cordelette (indispensable dans le fond de sac).

L’idéal : une surface plane (sauf si on aime rouler dans son sac de couchage la nuit) et légèrement convexe, c’est à dire bondée, sur un sol sec et drainant (évitez les tourbières). Ainsi, en cas de pluie, l’eau s’écoulera loin de la tente et vous resterez au sec. Mais on néglige pas non plus la vue, c’est ça le luxe du bivouac !

L’accès à l’eau est aussi primordial. En bivouac, on en consomme pas mal, que ce soit pour boire, manger ou se laver. Le mieux est donc d’avoir une rivière ou un lac à proximité (une centaine de mètres est idéal), mais ne vous y installez pas trop près : il y fera plus froid, plus humide, avec potentiellement plus de moustiques. Si le site ne permet pas d’avoir un point d’eau à proximité prévoyez-en suffisamment pour la soirée. Il faut en général compter 3L/personne.

On récapitule :

  • Un bon emplacement
  • Un sol meuble de préférence
  • Une surface plane
  • Un accès à l’eau

Astuce : sur les chemins suffisamment courus, on retrouve souvent des traces d’anciens campements. Ils peuvent donner de bons indices mais gardez un oeil critique.


© Guillaume Pouyau – Hélène Degousée

2. Installation et organisation du camp

Ça y est vous avez trouvé le coin parfait, la vue est superbe, vous êtes prêts à en profiter. C’est l’heure de monter la tente.

Mieux vaut le faire tant qu’il fait encore jour, cela facilite le travail. On choisit donc un coin bien plat sans cailloux ou bouts de bois saillants afin de ne pas percer la toile (et pour le confort du dos). Attention à ce que la tente ne soit pas face au vent : ce ne sera pas confortable et pourra même l’endommager en cas de bourrasque. L’idéal est d’avoir le vent dos à la porte, l’abside vous servira ainsi d’abri. En cas de bivouac collectif, on peut mettre mettre les tentes en cercle ou les unes à côté des autres pour créer un obstacle au vent.

Une fois la tente montée, on installe tout de suite le matelas et le duvet, ce sera fait. S’il fait beau, on en profite pour aérer et sécher le duvet ouvert sur la tente ainsi que vos affaires humides. Vous pouvez également essayer d’organiser un coin repas avec des pierres, c’est toujours plus agréable. Si c’est autorisé et qu’il y a du bois à disposition, un bon feu permettra de se réchauffer, de faire bouillir de l’eau et de donner à votre bivouac la petite touche finale !

Mais un feu ne s’improvise pas. Pour le foyer, on choisit un emplacement stratégique, qui évitera qu’une braise ne finisse sur la tente ou n’embrase la forêt. Il s’agit aussi d’éviter de recevoir la fumée dans le visage ou dans la tente toute la soirée. Contenez votre foyer avec un cercle de pierre et, surtout, vérifiez bien que le sol ne risque pas de transmettre le feu ailleurs (s’il y a de la mousse par exemple). Le feu est un vrai plaisir mais restez prudents.

Pour les groupes, il peut être bien de prévoir une zone latrine afin d’éviter les surprise en se baladant autour du camp… Mieux vaut éviter de l’installer à proximité d’un point d’eau, afin de ne pas le souiller (ce qui vaut également lorsque l’on est seul !). Le papier toilette classique ne se dégrade pas aussi vite qu’on le croit : on le brûle ou le prend avec soi mais on évite à tout prix de le laisser là !

On récapitule :

  • Une installation lorsqu’il fait encore jour
  • Une bonne orientation de la tente, pour éviter le vent
  • Un bon feu, si les autorisation le permettent
  • Des toilettes pour tous

Astuce : lors du montage, organisez-vous et ne laissez pas traîner trop de choses par terre : on a vite fait de casser un arceau en marchant dessus ou de perdre un sac de rangement emporté par le vent ! De même, restez bien organisé sur le camp pour ne pas perdre d’objets dans les herbes par exemple. Rangez au fur et à mesure et gardez ce qui est nécessaire à portée de main.


© Guillaume Pouyau – Hélène Degousée

3. Profiter du bivouac

Le campement est bien installé, le feu crépite, il fait bon, on peut enfin se relaxer ! On en profite pour admirer les paysages environnants, faire de la photo ou simplement s’étendre dans l’herbe, par exemple. C’est également le moment de soigner les petits bobos de la journée, de bouquiner, de mettre à jour son carnet ou de faire un brin de rincette dans la rivière.

En général, lorsqu’on bivouac en groupe, chacun déroule sa petite routine, ses rituels du soir. Le bivouac est également le bon moment pour debriefer la journée et planifier le lendemain.

Alors oui, tout cela vaut surtout lorsqu’il fait beau. Le bivouac sous la pluie c’est moins drôle. Mais à l’abri sous la tente on peut tout de même en profiter, ne serait-ce qu’en faisant une sieste en écoutant la pluie tomber. Et puis vous verrez comme on est bien, au chaud sous la tente pendant que les éléments se déchaînent dehors…

Astuce : on ralentit, on prend le temps de faire les choses lentement, de vivre au rythme de la nature loin de l’agitation globale…


© Paco Marin – Manu Quintero

4. Le repas

La soirée avance et les estomacs commencent à se faire entendre ? C’est l’heure du repas ! En trek, le repas du soir est souvent le plus conséquent de la journée. C’est l’occasion de se réconforter des nombreux kilomètres de la journée, de se réchauffer mais également de prendre des forces pour le lendemain.

Il y a beaucoup à dire sur l’alimentation en randonnée en autonomie, mais de façon générale il faut privilégier les aliments caloriques, secs et peu volumineux comme les coquillettes, la semoule ou les lyophilisés. La conservation est faite à température ambiante, on évite donc ce qui ne tient pas dans le temps (la mimolette vieille plutôt que le camembert, le saucisson plutôt que le jambon…). On n’oublie pas non plus de se faire plaisir : le petit carré de chocolat en fin de repas est particulièrement efficace pour le moral ! Avec un peu d’ingéniosité, on peut agrémenter les plats de baies et de champignons fraîchement cueillis (si et seulement si vous en avez le droit, et que vous connaissez un peu les espèces).

Encore une fois tout cela est moins sympa s’il pleut. Dans ce cas, attention avec le réchaud : évitez absolument de le faire fonctionner dans la tente, vous risquez l’incendie voire même l’intoxication au CO2. S’il n’y a vraiment pas le choix, on peut cuisiner dans l’abside à condition d’avoir le haut du zip bien ouvert pour ventiler.

Astuce : on s’hydrate au maximum pour éviter les courbatures de lendemain !


© Paco Marin – Manu Quintero

5. La nuit au bivouac

La nuit est un moment spécial en bivouac. Tous les sons environnants s’amplifient et on se sent bien petit dans son duvet. La première fois, ça peut faire bizarre, mais avec le temps, on s’habitue et on dort très bien.

Préparez bien votre nuit : rangez le camp et ne laissez pas de nourriture dehors afin d’éviter la visite d’un renard chapardeur. Dans certains pays comme les USA, il faut suivre les consignes de sécurité en matière d’ours : la nourriture doit être loin du camp et placée dans des boîtes scellées.

Si votre tente le permet, entreposez les sacs à dos dans l’abside, isolez-les de l’humidité (sol et toile de tente). De même, rangez bien vos chaussures afin qu’elles ne prennent pas l’humidité ou la pluie. Inutile de se sur-habiller dans le duvet, mieux vaut éviter la sudation et adapter sa tenue au fur et à mesure de la nuit. Par contre, veillez à bien garder vos pieds et votre tête au chaud, ce sont les principaux vecteurs de perte thermique.

Et bien sûr, on garde la frontale à proximité. Ça peut toujours servir.

Astuce : préparer un set d’habits (caleçon, chaussette, t-shirt) prévu spécifiquement pour être toujours sec et propre pour la nuit.

© Paco Marin – Manu Quintero

Alors, prêt pour une nuit dehors ?

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