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En stop des Rocheuses à la côte Ouest du Canada

Un hiver sur les routes glacées de l'Ouest canadien

L’an dernier, Arnaud Teicher du Fresh Air Club nous rapportait une série photo du Canada enneigé qui le faisait rêver depuis tant d’années. Des Rocheuses à la côté Ouest, Sylvain Jarry et son meilleur ami sont eux aussi partis sur les traces de Jack London pour affronter, en auto-stop, les rudesses de l’hiver canadien.


 

L
e Canada en hiver, avec mon meilleur pote, j’en rêvais depuis si longtemps ! Nous y sommes. Presque. Après un moment de flottement à la douane, la neige, puis le froid, puis les kilomètres d’asphalte : les mythiques Rocheuses nous tendent les bras. Nous y voilà ! Avec nos sacs bien trop chargés sur le dos, trois couches de vêtements sur la peau et quelques points de repère grossièrement lâchés sur la carte, nous sommes parés !

Au mois de février, le Canada laisse imaginer un joli tableau enneigé. Mais le climat côtier de Vancouver ne semble pas de cet avis. Après plusieurs jours pluvieux et une mésaventure de location d’auto, direction les Rocheuses, en Alberta. Une poignée d’heures de trajet en bus et nous atteignons Kamloops. Le ciel est gris, l’air est glacial et le décor de la ville grisant. Que faisons-nous ici ?

Cette impression s’évapore rapidement lorsque je prends enfin le temps d’ouvrir les yeux. Au hasard des rues, se dessine alors l’authentique carte postale grise et humide d’une petite ville canadienne de province : ses vieilles voitures américaines, ses maisons délabrées et son motel en carton, cliché du road-movie américain, dans lequel nous allions passer la nuit. Car il était plus sage de ménager notre pouce et nos zygomatiques pour affronter les nombreuses sessions d’autostop au programme.

Les paysages sont déjà magnifique, je n’ose imaginer la suite. Les journées de randonnées et de découvertes s’enchaînent, les rencontres aussi. Quel serait le voyage sans ces moments où les récits et les envies se croisent ? Ensemble, nous arpentons l’hostile et non moins sublime glacier de Columbia. Le lendemain, après la récompense d’un des plus beaux panoramas du séjour, nous décidons de piquer nos tentes en pleine forêt, près de Jasper, avec pour anecdote l’apparition d’un wapiti dans mon dos.

L’hiver est bien là et l’ours doit probablement hiberner : on se rassure comme on peut, même si dans le fond, on n’en mène pas large ! La nuit est glaciale et silencieuse. Entre peurs et réchauffements du coeur, ce voyage m’aura marqué. Dans un sommeil entrecoupé, se faufiler à la lueur de la frontale dans le froid, découvrir au matin sa gourde d’eau glacée, enfin prendre une tasse de thé chaud et se réchauffer les doigts gelés… Ce n’est pas toujours facile, mais chaque jour le paysage du petit matin est une récompense à la hauteur.

Les jours suivants, nous arpentons l’immense lac Maligne, puis la partie basse du mont Robson. Le stop ne nous avait pas manqué. Direction le Sud. Avant d’atteindre Banff, nous faisons un crochet par le lac Louise qui nous faisait de l’oeil depuis si longtemps. Un vieil homme haut en couleur nous prend en stop. Le bougre nous a donné des sueurs, dans son pick-up déglingué, roulant à toute vitesse sur l’asphalte glacé ! Mais ce n’est rien comparé au spectacle qui défile sous nos yeux depuis cette mythique et majestueuse Icefields Parkway, seule et unique route qui relie les parcs de Jasper à Banff.

La météo est un autre paramètre important à prendre en considération pour un voyage improvisé. Le ciel est capricieux et nous contraint à nous replier du côté de Banff pour quelques jours passés à entendre craquer la glace sous nos pieds. Après avoir longtemps hésité, nous décidons de retourner vers l’Ouest, toujours en stop, évidemment. Après une escale à Golden, dans une auberge faite de bric et de broc, nos nerfs sont mis à rude épreuve à Revelstoke : l’auto-stop infructueux et il n’est pas toujours évident de retrouver de vieux messieurs suffisamment généreux !

Nous arrivons enfin à Vancouver. L’immensité du large nous fait face. Le sud de l’île, bardée de forêts humides, nous attend. Les plages, les rochers et la forêt d’un vert profond mettent nos sens en éveil. Je prends mon bloc, un crayon et photographie abondamment. La fin approche. Ce périple, tout en contraste, aura su m’émerveiller. Le Canada, ses gens, ses forêts de pins, ses montagnes enneigées et mon pote à côté.. Encore un voyage que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

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