Du pic du Piméné à la Brèche de Roland, deux jours de randonnée dans les Pyrénées

30 kilomètres et 2000 mètres de dénivelé positif à la découverte de la chaîne pyrénéenne

Gavarnie, le Vignemale, la Brèche de Roland… Ces noms nous étaient familiers, mais on avait pourtant jamais eu l’occasion d’y aller. Début octobre, la rentrée est dernière nous et les journées sont encore longues. Le moment parfait pour deux jours de randonnée dans les Pyrénées. On est donc partis explorer les Vallées de Gavarnie, de sommets en glaciers, équipés des nouvelles vestes Arc’teryx, partenaire de ce récit.

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R
endez-vous pris à Biarritz. Nico nous attend à l’aéroport. Il est 17h30, on part faire quelques provisions, à base de pâtes de fruits et saucissons, avant de filer vers l’Est et longer la chaîne des Pyrénées. Il fait nuit lorsqu’on arrive à la grange de la Holle, notre point de chute pour les deux prochains jours. Le temps est si clair qu’on peut apercevoir la Voie Lactée, même en octobre. Orion nous montre le Sud, Mars rougit au-dessus des sommets. Philippe, le gardien du refuge, nous attend. On s’installe sous les poutres et les drapeaux à prières himalayens de la salle commune pour dîner. Un dernier regard aux étoiles et on file se coucher.

06h00. Le réveil sonne. On enfile pantalon, veste et chaussures de rando. Pierre, notre guide pour la journée, nous attend autour d’un café. Photographe et documentariste, il connaît tout sur les vallées de Gavarnie et leur géologie. Au menu de cette première journée : l’ascension du pic du Piméné, depuis Gavarnie. Soit 1450 mètres de dénivelé. Le ciel s’éclaircit peu à peu. On toise le sommet, à la lumière de la lune. Il n’a pas l’air si loin, vu d’ici ! On longe le gave de Pau jusqu’au pont de Nadau. Il est 07h00, l’ascension peut commencer.

Le sentier s’enfonce d’abord dans la forêt. La pente est déjà raide et on ne va pas se mentir, les premiers mètres se font sentir. Derrière les arbres, Pierre nous montre un trou creusé dans la roche. C’est dans ce genre de cavités que les ours viennent hiverner. Un sujet particulièrement sensible dans la région, alors que deux femelles viennent tout juste d’être relâchées. Pierre nous rassure, c’est à une bonne centaine de kilomètres d’ici… avant de nous expliquer que l’animal peut parcourir 60 kilomètres en une journée. On aura peut-être la chance d’en croiser ?

Le soleil monte peu à peu et réveille l’Ouest de la vallée. En sortant de la forêt, on devine un petit triangle sur un relief : le refuge des Espuguettes, première étape de la randonnée. Un crâne de bovin posé sur une pierre nous y accueille. À cette époque de l’année, le refuge n’est pas gardé mais une partie reste libre d’accès. Un groupe de randonneurs en sort, s’équipe et reprend la route avec nous.

Prochain arrêt : le petit Piméné. La déclivité est de plus en plus forte, les choses sérieuses ont commencé. On monte en lacet vers le sommet alors que des troupeaux de moutons dévalent la pente en courant, droit devant. Les vautours font eux aussi leur apparition, profitant des premiers courants d’air chaud du matin. On scrute attentivement les reliefs dans l’espoir d’apercevoir des marmottes, Pierre en a encore vu la semaine dernière. Mais les températures ont chuté et elles doivent déjà hiverner. Pas plus de chance avec les isards, emblème de la région. Les seuls que nous verrons aujourd’hui seront les « têtes d’isards », peintes en rouge sur des pierres et dont les cornes montrent les limites du Parc national des Pyrénées.

Plus on s’approche du petit Piméné, plus la végétation disparaît au profit de pierriers. En longeant la crête entre les deux sommets, on s’improvise funambules. Le pic du Piméné est là, tout prêt, encore quelques pas et on y est ! 2801 mètres. Le panorama est impressionnant : la Tour, le Casque, les Sarradets… On distingue tout le Cirque de Gavarnie. Ses strates, ses failles et ses plis témoignent des forces à l’œuvre depuis des millions d’années qui ont donné naissance à ce paysage si particulier. Le Vignemale, point culminant des Pyrénées, est là, lui aussi, tout comme le Mont Perdu, plus haute montagne calcaire d’Europe, et la Brèche de Roland, notre objectif de demain. Une vue plutôt agréable pour déjeuner !

On reprend la route jusqu’au refuge des Espurguettes. Là, il y a deux écoles : ceux qui préfèrent la descente, plus rapide, et ceux qui regrettent la montée, moins traumatisante pour les genoux et les cuisses. On bifurque ensuite vers le Sud-Ouest et le cœur du Cirque de Gavarnie pour rejoindre la cabane de Pailla, un petit chalet vert dans une clairière ensoleillée. Des os de bovins, un tonneau rouillé, une brouette abandonnée… On serait à peine étonnés de voir un cow-boy sortir de la forêt.

On suit le chemin des Espugues (littéralement, le chemin des grottes) creusé dans la roche. En hiver, ses cascades en font un haut lieu d’escalade sur glace. On serpente à flan de montagne. Un dernier virage à gauche et on s’arrête, tout net. Devant nous se dresse le mur de Gavarnie. 1500 mètres de haut, 6 kilomètres de circonférence. Et en bonus, la Grande Cascade, de 422 mètres. Aucun de nous ne s’attendait à un tel spectacle.

« C’est une montagne et une muraille tout à la fois : c’est l’édifice le plus mystérieux des architectes ; c’est le colosseum de la nature : c’est Gavarnie » Victor Hugo, Dieu, 1855.

On descend jusqu’à l’Hôtel du Cirque, un lieu chargé d’histoire. Dommage, il est fermé. Pierre voulait nous montrer une pièce où les guides attendaient leurs clients et dont les murs sont couverts de dessins et inscriptions. Car dès le XIXe siècle, Gavarnie devient camp de base pour ceux qui rêvent de premières pyrénéennes. Une population fortunée se presse ici et donne naissance au « pyrénéisme ». Rien à voir avec l’alpinisme ! Bien au-delà du « simple » exploit sportif, la vision pyrénéenne lie l’expérience physique de la montagne à une certaine émotion esthétique.

C’est sur cette note culturelle que se termine notre première randonnée. Après dix heures de marche, d’échanges et d’excellentes blagues, on quitte Pierre à regret pour rentrer au chalet, où Philippe nous attend avec des bières et un diner. Il prend le temps de nous raconter son histoire, ce qui l’a mené là, ses envies, ses projets et ses voyages. Une fois à table, on échange avec nos voisins sur l’itinéraire de demain : la Brèche de Roland, ouverte par le neveu de Charlemagne alors qu’il tentait de fuir les Sarrasins, en 778. Ou peut-être qu’il s’agit d’une trouée naturelle, de 40 mètres de large et 100 mètres de haut, née de l’éboulement d’une partie de l’escarpement qui marque la frontière franco-espagnole. Qui sait ?

Notre plan : admirer le lever de soleil sur la brèche. Alors il va falloir se lever tôt. 5h00. Les jambes encore un peu lourdes de la veille, on se lève, on s’habille, on prend nos sacs et on quitte le chalet sur la pointe des pieds. Antoine, notre guide pour aujourd’hui, est déjà prêt. On prend la voiture jusqu’au col des Tentes. Il fait nuit noire. On allume les frontales, l’ascension commence. On part confiants : il n’y a que 600 mètres de dénivelé cette fois ! En une vingtaine de minutes, on arrive au Port de Boucharo, sur la frontière espagnole. Il faut ensuite emprunter un sentier plus escarpé et longer le pic du Taillon jusqu’à la cascade et le glacier du même nom. Le passage est délicat, chaque pas sur la glace doit être assuré. Mais la lumière monte derrière les sommets. Pas question de traîner !

En atteignant le col des Sarradets, on aperçoit enfin la Brèche de Roland. Deuxième claque du week-end, face à un tel paysage. Et deux isards passent en courant ! Le tableau est parfait, on peine à se remettre en route. Mais Antoine nous montre un relief au-dessus du refuge des Sarradets et nous promet que si on se dépêche de monter, on pourra y prendre un café en regardant le soleil se lever. À 2721m, on pose les sacs et les batons, on sort le thermos. Un petit vent glacé nous fouette les joues, on serre nos capuches. Quelques minutes plus tard, les premiers rayons éclairent la brèche et toute la vallée.

On est déjà comblés, même si le spectacle est loin d’être terminé. L’ascension se poursuit entre les roches, les névés et les glaciers. Les derniers mètres relèvent plus de l’escalade que de la randonnée. On atteint enfin la brèche. D’un côté, la France et le Parc National des Pyrénées. De l’autre, l’Espagne, les canyons d’Anisclo et d’Ordesa. On reste là un bon moment, avec la sensation particulière de se trouver si petits entre deux mondes, deux univers.

Nos deux jours de randonnée dans les Vallées de Gavarnie s’achèvent ici. On se promet de revenir très vite : le Mont Perdu, le Vignemale ou le pic du Taillon nous attendront.

 

Ce récit a été réalisé en partenariat avec Arc’teryx et les Vallées de Gavarnie


Conçus pour être légères, robustes et adaptables, les vestes BETA AR et BETA LT d’Arc’Teryx forment le parfait combo d’équipement imperméable pour profiter des quatre saisons et des activités de montagne, que ce soit pour la randonnée,  le ski ou l’alpinisme.

L’agence touristique des Vallées de Gavarnie réunit les offices de Pierrefitte-Nestalas, Barèges-Tourmalet, Gavarnie, Val-d’Azun et Argelès-Gazost pour promouvoir le territoire et fédérer les acteurs du tourisme.

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