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Un week-end de novembre pour un surf trip en Bretagne

L'aventure à quelques heures de Paris, ou comment se geler par pur bonheur

Quelques mois après voir renouvelé une ascension de la pointe du Tardevant avec l’association « À chacun son Everest », Matthieu Tober du Fresh Air Club a pris la direction du grand Ouest pour un surf trip entre amis à la recherche de l’aventure et du bonheur simple, entre les vagues et les embruns, de La Torche à la Pointe du Raz.

 


 

« J
e n’ai pas la chance, le temps et l’argent de voyager comme vous.” Cette phrase m’a tout de suite interpellé. Pas parce que je la trouve facile, mais parce qu’elle aurait bien pu sortir de ma bouche il y a quelques années, quand je regardais mon boitier prendre la poussière sur l’étagère de mon 25m2 parisien. On allume Instagram, on tape #Adventure et on se laisse bercer par les images d’Alaska, de Californie, du Canada ou d’Islande. Et nous dans tout ça ?

Alors quand on m’a fait cette remarque pendant la soirée de lancement du dernier magazine Les Others, je n’ai pas hésité à répondre que cette barrière est vraiment facile à faire tomber. Voyager, explorer, partir à l’aventure… Et ça ne signifie pas forcément prendre l’avion, se frotter à des terres hostiles ou changer littéralement de façon de vivre. Il suffit de regarder ce et ceux qui nous entourent pour se créer sa propre aventure.

À peine rentré chez moi, j’essaie de trouver des idées pour mon prochain trip. Les connexions se font : weekend = famille = padré = utilitaire = Bretagne = surf = novembre = se peler les miches = potes et bières… Les ingrédients sont réunis, il n’y a plus qu’à.

En trois heures de train, me voilà dans le Morbihan pour récupérer le fourgon familial. Quelques coups de balais suffisent à nous créer le bivouac parfait. Je charge le matériel, réfléchis à ce que je veux shooter et termine par checker la météo : pluie, vent fort et matinée ensoleillée. Je passe prendre Edouard et nous roulons jusqu’à la Pointe du Raz. L’aventure commence ici et se terminera à La Torche.

Frein à main engagé, le moteur s’éteint. Il est 23h, nous avons atteint la Baie des Trépassés. Une aventure à elle seule. La légende dit que c’est sur cette plage que la plupart des corps de naufragés de l’Atlantique sont retrouvés, rejetés par la mer. Les conditions météo sont parfaites pour ce genre d’histoire : le vent frappe les parois du camion en un hurlement aigu qui nous rappelle que nous ne sommes rien face à la mer.

On se rassure en imaginant la vue que l’on aura au réveil, face à la Pointe du Raz, un bout du monde. Une falaise gigantesque sur laquelle s’explosent les vagues. La Bretagne comme on l’imagine. Bières en mains, on fait bouillir de l’eau et on se prépare à une nuit fraîche à espérer voir le soleil se lever. On est heureux.

Inutile d’espérer entendre le réveil programmé sur les portables. C’est le froid et l’excitation qui nous ont tirés de nos sacs de couchage. Edouard commence à comprendre pourquoi j’aime autant ce genre de trip monté sur un coup de tête. Rien n’est réellement prévu, mais tout est forcément à prévoir.

Le froid nous dérange tout en nous faisant du bien, on redoute d’ouvrir les portes arrières du camion, mais en même temps on trépigne d’impatience à l’idée de découvrir le paysage sauvage dans lequel on s’est perdu. Ce sera 3 jours à vivre avec le vent et la pluie. L’inconfort, on s’y attendait, et c’est peut-être ce que l’on est venu chercher.

On enfile les combinaisons 5/3 pour ne rien sentir, puis les gants, les chaussons et la cagoule. Après quelques foulées sur le sable on entre dans l’eau… La première vague me frappe au visage, la seule partie non-protégée ! Ça y est, j’y suis. Je souris bêtement tout en tenant le caisson et mon appareil. Je crois que j’étais venu pour ça, pour me mettre à l’eau, pour en baver, pour me sentir vivant et se les geler par pur bonheur, tout simplement.

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