Road-trip et bivouac sous la neige écossaise, d’Édimbourg à Glen Coe

Cinq jours entre la neige et la brume écossaises, à la découverte de la faune locale.

Highland, Loch, Castle… Ces mots vous font rêver ? Que ce soit pour une randonnée ou un road-trip, l’Écosse est la destination idéale pour retrouver les grands espaces. Benjamin, Loris et Mychi sont partis à la découverte de la faune locale, pour un périple de cinq jours, d’Édimbourg à Glen Coe. Mais même au printemps, les routes écossaises peuvent se révéler imprévisibles…

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L’
idée de départ ? Faire un tour au cœur de l’Ecosse entre amis passionnés de grands espaces et de photos. C’est donc tout naturellement que Benjamin, Loris et moi sommes partis à l’aventure, de Paris à Édimbourg en passant par les Highlands et la Old Military Road, sans oublier le Loch Ness et Glen Coe.

Mais dès le 1er jour, rien ne se passe comme prévu. La grève d’une fameuse compagnie aérienne annule notre vol de 7h00… Par chance, nous pouvons embarquer à bord du vol suivant et arrivons à Édimbourg dans l’après-midi. Nous nous empressons de récupérer la voiture de location et filons acheter du gaz pour le réchaud et des packs d’eau. Cette fois ça y est, on est prêts ! On file vers le Nord et la Old Military Road, l’une des plus belles routes d’Écosse.

Nous attendions ce moment avec impatience. L’arrivée du printemps, les paysages vallonnés… Tout ce qu’on nous avait raconté sur l’Écosse… Mais surprise : il est tard, et après quelques heures de route, la nuit tombe déjà. Nous décidons de planter les tentes à l’orée d’un bois, sur un terrain confortable. On se réchauffe autour d’un bon repas lyophilisé. La nuit est noire, les branches craquent dans la forêt, la brume tombe. Le silence laisse place aux bruits de la nature. Heureusement, la lumière de nos lampes frontales est là pour nous rassurer.

Le lendemain matin, le soleil n’est pas encore levé mais le froid nous tire rapidement du sommeil. Le printemps écossais nous réserve bien des surprises, à commencer par de la neige ! On reprend la route, mais pas pour longtemps : la beauté du paysage, ces forêts de pins et de lichen… Impossible de résister. Après de multiples arrêts, on part pour une petite randonnée. Plus on s’enfonce dans la forêt, plus la lumière peine à percer entre les arbres. Le sol est rempli d’eau, nous avançons sur un tapis de mousse. L’humidité règne ici. Notre imagination nous joue des tours…

Nous reprenons la route pour traverser le Cairngorms National Park, une immense réserve naturelle entre montagnes et lacs. Au détour d’une colline, on tombe même sur une station de ski, le Glenshee Ski Centre. En ce premier jour d’avril, le temps semble s’y être arrêté. Mais la neige et le froid sont pourtant bien là ! Dans le ciel volent de beaux Lagopèdes Alpins. Leur plumage blanc et brun se camoufle à la perfection dans les Highlands enneigés. Ils sont difficiles à repérer, et il faut tendre l’oreille pour espérer les photographier.

Il est 16h00. Le soleil décline. Nous devons nous rapprocher d’Inverness, à la recherche d’un endroit où dormir. On trouve un spot calme près de la ferme des McPherson. Il faut monter les tentes. Les garçons vont chercher du bois, et je me prépare à faire le feu. Le lendemain, la brume est encore très basse, la nuit a été glaciale. Le bulletin météo nous annonce que l’air de Moscou est arrivé jusqu’en Écosse… Nous n’étions pas préparés à des températures négatives ! Le propriétaire du terrain vient à notre rencontre, il s’inquiète pour nous. En Écosse, le bivouac est très bien toléré, à condition de respecter certaines règles qui relèvent du bon sens.

Nous revoilà en route. Au milieu des paysages vallonnés, les lacs, ou plutôt les Lochs, reflètent la nature enneigée. Et ils sont nombreux ! Nous prenons le temps de nous y promener, surpris de ne plus savoir dans quel sens diriger le regard face à l’effet miroir. Nous prenons la direction du fameux Loch Ness. Au Sud d’Inverness, ce lac légendaire fait plus de 36 km. Impossible d’y trouver le fameux monstre… Le plus surprenant, finalement, c’est que le soleil finit par se montrer. Incroyable : il fait presque chaud !

Comme à chaque fin de journée, nous entamons une excursion pour trouver un endroit où bivouaquer. En longeant le Loch Leven, nous remarquons une petite clairière au milieu du bois. Là, nous croisons un daguet (jeune cerf). Loris descend de la voiture, Benjamin reste au volant et je saisis les appareils photo dans l’éventualité d’un shooting animalier improvisé. Il est curieux et peu farouche. Il semble nous inviter à rester un moment, avant de se retirer paisiblement… Un moment inoubliable.

La nuit qui nous attend est tout aussi forte en émotions. Le ciel est incroyablement étoilé, la brume s’installe sur le Loch. Les chouettes hulottes chantent, le vent siffle, les arbres craquent. On repaire des restes d’animaux, par ci par là… En blaguant, je fais remarquer aux garçons qu’on se croirait dans Blair Witch. Pas très rassurant, je l’avoue maintenant. Pour être honnête, c’est aussi ce qu’on recherchait en venant en Écosse, le frisson, les mystères, les légendes…

Le 4ème jour, on traverse la vallée de Glen Coe. On s’arrête prendre des photos et un copieux petit déjeuner près de Castle Stalker, un château du XIVe siècle perdu sur une île au milieu du Loch Laich. Mais il faut déjà penser à reprendre le chemin d’Édimbourg. Alors que nous visitons la ville de Comrie et ses alentours, la neige commence à tomber. Nous ne sommes toujours pas équipés pour affronter les températures négatives annoncées pour la nuit. Nous nous résignons à trouver un camping. On pensait y planter les tentes mais les propriétaires nous proposent un mobile-home. Finalement, on n’est pas contre un peu de confort.

Ce soir là, un fish and chips s’impose ! On file au pub du coin où l’on passe toute la soirée avec quelques habitués au bon accent écossais. Au milieu de la nuit, je reçois un mail, nous informant que le vol du lendemain est annulé. Retour à la réalité… Je réussis à nous avoir des places pour le vol du lendemain. Un mal pour un bien. Nous restons dans ce petit camping. Les propriétaires nous parlent de la grande forêt voisine, où nous partons nous perdre un peu. Lièvres, écureuils, faisons, cerfs, biches… C’est tout le monde de Bambi qui nous attend ici !

Le lendemain, il faut se résigner à partir. Il est tôt, il neige à gros flocons. La route est déjà recouverte quand nous découvrons que la voiture de location n’est pas équipée de pneus neige… Et je vous laisse deviner la suite.

 

  • Elliot 10 January 2019

    Je pense qu'on peut difficlement faire mieux que L'Ecosse (c'est mon avis personnel et biaizé) ! Superbes photos en tout cas :)

  • Lilou 10 January 2019

    Magnifiques photos et texte joliment écrit qui m’a fait revivre mon voyage dans les Highlands et les froides nuits sous la tente !

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