Un road-trip à travers l’Amérique du Nord : d’Anchorage à New York

2e partie

Il y a quelques semaines, Aurélien Buttin nous racontait la première partie de ses trois mois de road-trip à travers l’Amérique du Nord. Après une traversée du Canada d’Est en Ouest, de Québec à Vancouver, on le quittait à la frontière avec les États-Unis. 

Pour la suite de son aventure, il repart du Pacifique vers l’Atlantique, de l’Alaska à New York, en passant par l’Oregon, l’Idaho, le Wyoming, Detroit ou Chicago. Des semaines sur les routes, entre paysages exceptionnels, rencontres inattendues et pannes de voiture à répétition…

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N
ous arrivons à Seattle. Spencer, un ami, nous attend chez lui, dans le quartier de Columbia City. Il me dit qu’il s’est marié sur un coup de tête, deux jours plus tôt, avec Kiko. En guise d’alliance : un tatouage dans la paume de la main. Champagne ! On allume un feu dans le jardin. 
Après une visite express de Seattle, nous voilà déjà dans un avion pour l’Alaska.

J’ai les yeux collés au hublot en survolant les montagnes et glaciers aux premières lueurs du jour, et un bon pressentiment. 
Nous atterrissons à Anchorage, récupérons la voiture et fonçons faire le plein de provisions. La ville est terne, les rues sont vides, il y a des magasins de souvenirs partout mais aucun client. Le coffre rempli, on file vers le Nord. On reste silencieux pendant tout le trajet, émerveillés. J’ai du mal à réaliser que je suis en Alaska. Il n’y a strictement rien à des centaines de kilomètres à la ronde, nous sommes seuls dans une immensité sauvage et blanche. L’arrivée à Denali est impressionnante. On passe la journée dans le parc, seuls. Il n’y a pas le moindre bruit. Hormis quelques traces d’animaux, la neige est vierge.

Après plusieurs heures de marche, c’est la moustache gelée que je retrouve la voiture. Il est temps de choisir un endroit où planter la tente. On creuse un trou dans la neige à l’orée d’un bois. Il nous faut bien une heure pour réussir à démarrer le feu. Je n’y crois plus, mais Karolina est du genre persévérante. On grille quelques saucisses, légumes et marshmallows, et au lit. Il fait -30°C. Au petit matin, réveillés par le froid, on prend la direction de Fairbanks. Un peu avant la ville, il y a une reconstitution du bus d’Into the Wild. Un beau piège à touristes, même si je n’en ai vu aucun jusqu’ici. Un des gars nous dit qu’il faut trois jours de marche pour arriver jusqu’au vrai et que c’est très difficile en cette saison. Lui l’a déjà fait et a failli y rester. Il a dû abandonné, tout près du but.

Fairbanks est une ville minuscule et un peu triste. Nous faisons connaissance avec un disquaire plutôt sympa qui nous dit de venir dans son magasin le soir pour un open mic. Mais les musiciens se révèlent tous plus mauvais les uns que les autres. On quitte la ville prématurément. Nous ne sommes qu’à 70 miles du pôle Nord, autant y aller. Ce soir, on ne fera pas la même erreur qu’hier : chauffage à fond et nuit dans la voiture. Mes pieds sont gelés, la nuit est noire. Et là, juste devant moi, une aurore boréale. Un spectacle hors du commun, surtout quant on ne s’y attend pas !

Le lendemain, on reprend la route vers Valdez, au Sud. Karolina est en contact avec une Polonaise qui  a l’habitude d’héberger des routards. Elle et son mari seront à la maison à 20h et nous donnent des indications pour s’arrêter dans leur maison de campagne, sur la route. La clef est cachée au dessus de la porte d’entrée. Sur la route, on rencontre un troupeau de caribous qui se promènent sur la chaussée, puis un second, puis un troisième. C’est la saison de la chasse. Il y a des pick-ups partout, chargés de  gibier sanguinolent. On s’arrête prendre un café dans un point relais fréquentés par des chasseurs. Tous parlent de leur prise du jour. En milieu d’après midi on trouve le petit chalet, au bord d’un lac gelé. On fait un feu, on se remplit l’estomac et on repart.

Notre hôte nous attend dans le seul bar de la ville. Dans les bars aux États-Unis, tu es le meilleur ami de tout le monde. Non pas parce que tu es étranger, mais juste parce que tu es là. On se fait payer une bière, puis deux, billard, karaoké, trois bières… Les gens sont plutôt chaleureux. Magdalena passe nous prendre vers 22h avec son van et nous ramène chez elle. Elle a l’air heureuse de nous voir. Elle nous a préparé des rillettes de poisson. On ouvre une bouteille de vin, puis deux. Vous connaissez la suite.

Le lendemain, Magda nous emmène faire un tour vers l’ancienne ville de Valdez, rasée par un tsunami dans les années 60, et un lac rempli de lions mer. Les aigles sont partout, attendant patiemment qu’une proie montre le bout de son nez. Notre guide nous dit qu’avec la faune d’Alaska, tout le monde doit avoir une arme. Son mari en possède plusieurs. Il a même abattu un ours qui les attaquait dans leur jardin il y a quelques mois. Est ce qu’on a déjà tiré avec une arme à feu ? Bien sûr que non ! Est-ce qu’on veut essayer ? Bien sûr que oui ! Une fois rentrés, elle demande à son mari le magnum 44 et on fonce à travers une tempête de neige jusqu’au stand de tir voisin.

On quitte l’Alaska pour Seattle puis North Bend, petite ville de l’état de Washington où a été tournée Twin Peaks. Après une tarte aux cerises au Double R Diner et passé une journée plutôt décevante, on met le cap sur Portland, « hipsterland ». Les gens y sont sympas, mais il n’y a pas grand chose à faire. On repart. Une petite escale sur la côte pacifique, à Cannon Beach, et on traverse l’Oregon. L’image parfaite du Far West : herbes hautes et jaunes à perte de vue laissant ici et là apparaître un sol rougeâtre, vieilles maisons de bois abandonnées au milieu de nulle part, ranchs délabrés. On établit le campement à John Day Fossil Beds, entre falaises, bois morts et prairies. Un décor de western. La casserole sur le feu, on se raconte des histoires. À tout moment, je m’attends à voir débarquer une cavalerie d’Indiens.

Le lendemain, la voiture fait un bruit bizarre. On n’y connaît rien, mais la courroie de distribution est repliée et menace de sauter. Ça craint. Je vois une cabane au loin. J’explique mon problème à la ranger. Elle ne s’y connaît pas plus que nous, mais appelle le garage le plus proche. Le type me dit qu’il ne peut pas se déplacer mais qu’on peut tenter de venir jusqu’à lui, à 16 miles. Il va falloir rouler très doucement : il y a un col à passer et si la courroie saute, on finit le road-trip à pied… 
Je rejoins Karolina, lui explique la situation, monte dans la voiture et roule à 30km/h jusqu’à Fossil, petite ville d’environ 500 âmes, perdue au beau milieu de l’État. La prochaine ville est à 100 km de là. Le garagiste doit commander la pièce, elle arrivera dans deux jours.

Lundi. Tous les magasins sont fermés, le bar aussi. On fait le tour du patelin en 15 minutes. Maisons en bois, bois de cerfs aux façades, rocking-chair sur les porches, pick-up dans les allées, chiens de garde derrière les barrières. Pas un chat dans les rues, une biche ici et là, le tout encerclé de collines d’herbes sèches à moitié couvertes de neige. On se met à la recherche d’un endroit où camper. Il fait nuit, Karolina allume le feu, je m’aventure dans un labyrinthe d’arbres pour faire le plein de branchages. Vin, bières, histoires et fou rire nous font oublier nos problèmes de voiture.

Le lendemain, on s’offre des oeufs au bacon dans le seul diner du coin. Les murs sont décorés de vieilles photos de la ville. Rien n’a changé depuis les années 20. On amène notre voiture au garage Chevrolet de Mr. Wright. Il me dévisage. « Ne bouge surtout pas » Il s’approche de moi, saisit ma casquette du bout des doigts et la jette sur le sol. Une toute petite araignée s’en échappe. Il l’écrase. « Qu’est ce que c’était ? » « Une veuve noire, il y en a partout dans la région. Vous avez dormi dans les bois ? Vérifiez bien vos affaires et la voiture, il peut y en avoir d’autres ! » dit-il avec un large sourire.

Une heure plus tard, tout est réparé, je paie, il m’offre un porte-clef  : « Chevrolet, the Wright choice »
 On a perdu assez de temps. On trace jusqu’à l’Idaho, à travers les plaines volcaniques, en espérant être à Yellowstone le lendemain matin. Épuisés, on n’a pas le courage de monter la tente. On entre dans le premier rade. Un couple s’approche de nous. « Dormir dehors ? Mais vous êtes fou ! Il fait -10° ! Venez à la maison ! » Il travaille dans le BTP, elle est ancienne championne de free fight. Elle nous raconte son dernier combat à Tokyo. La soirée se poursuit. 
Au réveil, ils ont disparus. Un mot sur la table : « Nous sommes au travail, faites comme chez vous, bon voyage ! »

Plus on se rapproche du Wyoming, plus il y a de neige. Beaucoup trop de neige. La route est bondée. Ça nous laisse tout le temps de profiter du paysage. Montagnes à pic, forêts denses, torrents… On arrive à Jackson Hole, à 10 kilomètres de Yellowstone, qui n’est autre que l’endroit que j’ai le plus envie de voir aux USA. On file au poste des rangers. « Désolé mais le parc est fermé depuis 3 jours à cause de la neige ». Et il rouvre quand ? « En Mai. » La déception est totale. On repart sans un mot. Triste d’avoir fait tout ce chemin pour rien. La nuit est claire, on se console en regardant les étoiles.

Le Wyoming est aussi sauvage que l’Oregon, c’est l’état des cow-boys. Pas une minute sans qu’une biche ou un cerf ne traverse la route. On s’arrête dans un diner. Harry, un routier, nous dit que pour se rendre à Chicago, le mieux est de redescendre au Texas avant de remonter, ce que nous ne ferons évidemment pas, bien qu’il doit savoir de quoi il parle. Avant de partir, il veut que je le prenne en photo dans son camion, avec son chihuahua.

On roule jusqu’à Casper. Même plan que la veille qui, une fois de plus, fonctionne à merveille. Jennifer et son mari nous invitent à dormir sur le canapé du garage. On rentre. Ils ouvrent le frigo et sortent plusieurs bouteilles. Un peu éméché le mari me demande de le suivre. On traverse le jardin jusqu’à sa cave. Il ouvre un coffre fort et en sort cinq ou six armes. Il vérifie plusieurs fois qu’elles sont bien toutes déchargées, m’explique comment ça fonctionne et hop ! Séance de photos dans le garage. On ira tirer demain.

Gueule de bois. On ira pas. On part vers l’Est. 
Prochain stop : Devil’s tower, où a été tourné Rencontre du 3ème type, de Spielberg.  On est seuls, il pleut, bonne nuit. 
Après un arrêt à Deadwood et au mont Rushmore, on arrive en pleine nuit dans le parc des Badlands. Fatigués, on plante la tente au hasard. Au réveil, le spectacle est à couper le souffle. On s’avance un peu dans les hautes herbes à proximité du bivouac quand on tombe sur un panneau : « Warning Rattlesnakes » (« Attention, serpents à sonnette »).

Après un journée dans le parc, on atteint Interior, 77 habitants. Cette bonne vieille stratégie du bar marche une fois de plus. Je ne sais plus comment s’est finie la soirée. Je me réveille dans un mobile-home, sous une couverture Spiderman Je regarde par la fenêtre, le désert. Une femme m’attend dans le salon. La soirée me revient. « Ah ! Enfin ! J’ai préparé le petit déjeuner, il y  a de la vodka. Tu vas bien en prendre une petite avec moi ! » Je n’ai même pas le temps de répondre que mon verre est déjà plein. « Santé ! »  Il est midi, je suis saoul. La dame veut que nous restions. Nous ne pouvons pas. Elle pleure et nous fait un signe de la main pendant que nous nous éloignons.

On s’arrête à l’entrée de Mitchell pour dormir dans un champ. Au réveil, la voiture ne démarre plus. On tourne la clef dans le contact, pas un bruit. Rien. Karolina reste là et je me tape plusieurs kilomètres dans la brume matinale pour trouver un garage. Rien. Je m’assieds dans un McDonald’s pour profiter de la connexion internet quand des petits vieux viennent me demander si j’ai besoin d’aide. En effet. Ils appellent un garage. Le dépanneur va arriver. J’y retourne. Le gars regarde, « Je suis sûr à 99 % que c’est l’alternateur » nous dit-il. « Et combien ça va nous coûter ? » demande Karolina. On hallucine, c’est le prix qu’on a payé la voiture.

On doit aller à Chicago. Ça nous déchire le cœur, mais on décide d’abandonner la voiture à la casse et d’en louer une autre pour les 1500km qu’il nous reste. Seul hic, il n’y a pas d’agence de location à Mitchell. La plus proche est à Sioux Falls, à 150km de là. Nous irons en stop. Le garagiste nous dépose dans un relais routier à la sortie de la ville. Un gars, la soixantaine, se gare à côté de nous. « Un problème ? » On lui explique. Il nous dit qu’il nous aurait bien aidé mais qu’il doit aller voir sa femme qui a aussi des ennuis. Il part, puis revient. « Elle attendra un peu ! Je vous emmène ! » Il est agriculteur et ne roule pas sur l’or mais il ne laissera jamais quelqu’un dans la panade.

On arrive à l’agence de location. Il y a plus qu’une seule voiture de disponible : 600$ pour 24h ! Hors de question. Dépités, on dit à notre ange gardien qu’on va continuer en stop. Il va nous déposer plus loin mais veut aller aux toilettes avant. Quand il ressort, il nous jette des clefs. « Qu’est ce que c’est ? » demande-t-on, « la voiture. Je vous l’ai prise ». On lui dit qu’il est fou et qu’on ne peut pas accepter, il répond que de toute façon il est trop tard et qu’on paiera notre dette en aidant notre prochain. Il s’en va. On n’en revient pas. Chicago, nous voilà !

On roule toute la nuit à travers le Mississippi. Dès qu’on s’arrête fumer une cigarette, des automobilistes qui nous croient en panne nous proposent de venir manger et dormir chez eux. Incroyable. 
On arrive à Chicago vers 3h du matin. On est censés dormir en couchsurfing chez un certain David. Il ouvre la porte de l’immeuble via l’interphone, on monte à l’étage, au numéro qu’il nous a indiqué. L’appartement est entièrement vide. David n’est pas là. Étrange. Au matin, Karoline part ramener la voiture à l’agence de location. Je l’attends dans l’appartement quand quelqu’un ouvre la porte. Je suis encore en caleçon, un peu gêné, « Bonjour ! Vous devez être David ! » dis-je avec un large sourire et en lui tendant la main. « Pas du tout ! Je suis le propriétaire et vous, vous êtes qui putain ! » Je me rhabille en lui expliquant la situation. Il a l’air aussi confus que moi.

J’ai un message. David demande pourquoi nous ne sommes jamais venus, il a attendu toute la nuit. On s’explique, il vient nous chercher en bas de l’immeuble. Il habite après l’angle du même couloir, il nous montre le numéro sur la porte, c’est le même que celui d’hier. On retourne à l’appartement vide, le numéro n’y est plus. Incompréhensible. David est très bizarre. Il parle théorie du complot, fait des « recherches » sur Google Earth sur des messages cachés dans le tracé des routes… Il s’énerve parce que nous ne sommes pas d’accord avec lui. Une nuit, je me réveille et il est juste devant moi, l’écran d’ordinateur lui éclaire le visage. Il nous observe dormir. « Ça va ? »

Sinon, Chicago est une ville assez sympa, l’atmosphère y est particulière quand on sait que ça a été la ville du crime d’Al Capone. Les vieux immeubles côtoient les nouveaux, le tramway en hauteur se faufile dans les rues étroites entre les bars de jazz, la pluie, la brume, les bouches d’égouts fumantes. Exactement ce que j’avais imaginé.  J’abandonne Karo à la gare routière de Chicago, elle rentre au pays. Accolade, ma partenaire de voyage s’en va. Pour la première fois, je suis seul, seul dans le bus qui m’amène à Détroit pour rejoindre mon ami, Emmanuel.

J’arrive à la gare routière de la MoTown vers 18h, il fait nuit noire et il tombe des cordes. Un chauffeur de taxi vient immédiatement me voir. Je jette ma cigarette et monte. Il y a un tel foutoir à l’intérieur qu’on pourrait croire qu’il vit dedans. Il me demande pourquoi j’ai jeté ma clope, je lui répond qu’on ne fume pas dans un taxi, ce à quoi il réplique « T’es à Detroit man ! » J’en prends bonne note et me sens obligé de me rallumer une cigarette. Il me demande ce que je fais ici, il ne voit pas beaucoup de touristes dans le coin. Quand il m’a vu à la gare routière il ne me donnait pas plus de dix minutes avant de me faire dépouiller. Un lampadaire sur cinq ne fonctionne pas, il y a des nids de poule un peu partout, un tiers de la ville est abandonnée.

On se gare. Il a l’impression qu’une voiture nous suit. La voiture se gare derrière nous, il redémarre, la voiture fait de même, impression confirmée. Je commence à stresser, le conducteur aussi. Il se gare encore, ouvre sa vitre et insulte les gens de l’autre voiture. Nos poursuivants démarrent en trombe et disparaissent dans la nuit. On arrive devant la maison. Il y a de la lumière, je frappe aux carreaux, j’appelle. Le chauffeur ouvre la vitre : « N’hurle pas comme ça dans la rue ! On va se faire buter ! » Le coloc d’Emmanuel finit par ouvrir.

Ils prennent l’apéro et ne m’avaient pas entendu. Je leur demande si c’est vrai que le quartier craint, ils se regardent en souriant et disent que l’on s’y fait vite. On me fait visiter la maison de 300m², à moitié en ruine. Joel l’a acheté 17 000$, une affaire ! Je dormirai dans le grenier, au pied du bar. Many me réveille au petit matin, il doit faire -5° dans la maison, le chauffe-eau est en panne et aucun plombier ne veut venir dans le quartier. Ça fait des années qu’on ne s’est pas vus. On prend un café au premier étage quand on voit passer trois ados armés de fusil d’assaut dans la rue. « Bienvenue à Detroit ». 
On va faire un tour en ville, il fait froid, l’atmosphère est lugubre. J’adore ça. Le lendemain, c’est Thanksgiving. Le patron d’Emmanuel m’invite à me joindre aux employés pour le repas du midi.

Je poursuis ma route vers Dayton, dans l’Ohio, où je rends visite à deux amis, Landon et Brock. Je suis accueilli en grande pompe ! Un français en ville… Ils connaissent tout le monde et tout le monde m’est présenté. Les frangins travaillent dans des bars restaurants. L’un des deux est rempli de bornes de jeux d’arcade, comme dans les films. Journée au bar, concert tous les soirs, after party. On dort 5h et on recommence. Ça dure une semaine. Je rencontre des gens formidables et suis triste de reprendre le bus pour Pittsburgh. Rachel m’y attend. Rachel est une fille adorable, qui me montre tout ce qu’il y a à voir dans la ville et aux alentours. Seul problème : elle vient de Virginie et je ne comprends qu’un mot sur dix quand elle me parle. Après trois jours, je reprends le bus pour ma toute dernière destination : New-York.

Arriver à NYC, c’est comme arriver dans un film. Le Bronx fait penser au Parrain, Harlem à Une journée en enfer, Greenwich Village à Friends, l’Empire State Building à King Kong, Wall Street au loup du même nom, Manhattan à Annie Hall ou Inside Llewyn Davis et j’en passe. Les immenses gratte-ciel, les taxis jaunes, les rues bondées, toute cette énergie, toute cette histoire… La porte des États-Unis. Je veux tout voir ! Time Square, Central Park, Staten Island, la statue de la Liberté, la 42ème rue, la gare centrale, Soho, Little Italy, Brooklyn, le MoMa, le musée Guggenheim… tout ! Noël approche. Ces deux semaines passent en un éclair.

Et soudain, je me retrouve dans l’avion, à destination de Paris. Je n’ai rien dit à personne au sujet de mon retour, ça sera la surprise. Après trois mois sur la route à traverser un continent de l’Atlantique au Pacifique et d’Ouest en Est, me voilà chez moi. Et ça me manque déjà.

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