180 km en chiens de traîneau dans les forêts du Québec

Cinq jours de raid dans la neige et le blizzard, par -34 degrés

Quoi de mieux qu’un attelage de chiens de traîneau pour s’immerger dans les grands espaces ? Brice Portolano en avait fait l’expérience en partant rencontrer Tinja et ses chiens en Laponie Finlandaise. Une aventure au bout du monde qu’il nous racontait dans notre quatrième volume papier, The Collective Issue. Tanguy LV a quant à lui pris la direction du Québec pour s’initier au mushing, lors d’un raid de 5 jours à travers forêts et lacs gelés.

 


 

A
u bout d’une dizaine d’heures de voyage, nous voilà sur les routes canadiennes. Au nord du lac St Jean, dans la province de Québec, on retrouve Mario, musher depuis plus de 30 ans. C’est dans cet environnement glacial que nous allons vivre une expérience unique : un raid en chiens de traineau, 180 km à travers les lacs gelés et les forêts d’épinettes noires du Canada.

Après une journée test qui nous permet d’appréhender l’instabilité du traineau, la grande aventure commence. Elle durera 5 jours. Les chiens sont tout excités. Quant à nous, l’adaptation aux conditions climatiques se fait petit à petit… Heureusement, on est bien équipé et les températures glaciales (-34°C) ne se font finalement pas trop sentir.

Après 5 heures de traineau, on arrive au premier refuge de la montagne de l’Ours. C’est Mario, notre guide, qui l’a lui-même construit dans les années 2000. Juste avant que la nuit ne tombe, on part chercher de l’eau sous l’épaisse couche de glace. Il faut aussi nourrir les chiens (1 à 2 kilos de viande selon leur poids), allumer le feu et préparer le dîner.

La nuit est courte. Il faut déjà reprendre les sentiers fraîchement recouverts de neige. La journée s’annonce ensoleillée, mais les nuages ne tardent pas à se montrer et laissent place à des conditions bien plus difficiles. En traversant les lacs et les rivières, le blizzard nous pique au visage. Le ressenti est de -40°C. Arrivé au nouveau campement, on libère les chiens de leur attelage et on coupe les blocs de viande à la hache, pour leur distribuer. Après un bon repas, quelques parties de cartes et une dernière canette de bière, on décide d’aller se coucher, l’esprit léger.

Le lendemain, on prend un peu plus notre temps. Il faut reposer les chiens, mais surtout construire un pont pour traverser un bras de la rivière qui n’a pas gelé. Une fois fini, il faut aussi entretenir le camp qui n’avait pas été réouvert depuis l’été dernier. Mario décide de nous préparer deux lièvres pour le soir. Le tout mijote dans une casserole en fonte au dessus du poêle. Quelques heures plus tard, le soleil laisse déjà place aux étoiles.

Le retour approche, mais il nous reste tout de même 75km à parcourir. La journée s’annonce glaciale et le vent crée des amas de neige sur les lacs. Les chiens peinent à avancer, ils se fatiguent très vite. Après 4 heures d’efforts et un fort dénivelé, on arrive au camp de la jeté, qui doit son nom à la rampe qu’avait construit les bûcherons canadiens pour jeter le bois dans la rivière afin de l’acheminer plus facilement vers les scieries. Quelques gouttes de whisky, les rituels quotidiens. On profite du poêle et de notre dernière soirée au coeur de la forêt.

En ce dernier jour, il nous reste encore 50km avant de retrouver le camp de base. Même si le terrain est assez plat, les prochaines heures seront difficiles. Les dernière chutes de neige ne nous facilitent pas la tâche. Le blizzard lui aussi nous poursuit jusqu’au coeur de la forêt. La visibilité est nulle et les chiens sont épuisés.

Après 6h30 de raid dans ces conditions, on arrive enfin chez Mario. La nuit est déjà tombée. Dani, un ami, nous attend pour nous aider à ranger tout le matériel. On se réchauffe et on passe la soirée tous ensemble autour d’un bon dîner, en écoutant les récits de voyages de Mario. Ça y est, l’expédition est terminée. Il temps de rejoindre la ville de Québec et la civilisation, qui ne nous avait pas vraiment manqué.

 

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