Latest Posts

Inspiration

Aventures

L’oeil #1 / Cinéma, le porno star ?

21 mai 2003, festival de Cannes. La poignée de chanceux présents sur La Croisette découvrent l’ovni du sulfureux, provocateur et narcissique – mais talentueux – Vincent Gallo. Après avoir entamé une carrière d’acteur prometteuse avec notamment un rôle dans Les Affranchis de Scorsese, celui qui partagea pendant quelques années un loft new-yorkais avec Jean-Michel Basquiat décide au début des années 2000 de passer derrière la caméra pour Brown Bunny. Un long-métrage dans lequel il  joue aussi le rôle principal aux côtés de l’actrice américaine Chloé Sévigny.

Capture d’écran 2013-07-23 à 16.30.30

Au bout d’une heure de projection, les spectateurs – sidérés pour la plupart, hormis quelques amis proches de Vincent comme Gaspard Noé ou Agnès B – tombèrent nez à nez avec une véritable scène de fellation, la plus chaude que le cinéma classique ait connu. En gros plan, l’imposant membre de Vincent  – trop pour être vrai selon certains – s’engouffre dans la bouche de la jolie blonde (si vous souhaitez vérifier par vous même, c’est par ici, attention NSFW). Jusqu’alors, dans la plupart des films traditionnels, l’acte en lui même était camouflé derrière une cuisse ou déjoué par un jeu de caméra. On sort ici du suggestif pour rentrer de plein pied dans la représentation explicite de la sexualité, la pornographie. Lars Von Trier et sa muse Charlotte Gainsbourg n’ont qu’à bien se tenir. On comprend mieux pourquoi Vincent propose aujourd’hui sur son site d’offrir son corps et une partie de sexe pour la modique somme de 50 000 euros.

Mais Vincent Gallo n’est pas le seul à introduire des scènes torrides dans ses projets, d’autres réalisateurs comme Lars Von Trier, Harmony Korine ou Larry Clark mettent également le sexe et la nudité au coeur du concept de leurs oeuvres. Dans son prochain projet, Nymphomaniac,  LVT risque de créer à nouveau la polémique en donnant dans le sexe explicite et les images crues, animales, dans un univers qui lui est propre où se côtoient des séquences plus proches du porno et du hard que des scènes d’amour poétiques. Même si les deux premiers trailers – à découvrir ci-dessous – s’avèrent étonnamment prudes, ils introduisent un supposé rapport juste après le cut. On fait confiance au réalisateur danois pour se heurter à la critique lors de la sortie du film.

Des stars du gonzo qui rêvent d’Hollywood Boulevard

Nombreuses sont les pornstars ayant plongé dans le grand bain du cinéma traditionnel : Rocco Siffredi dans Romance, Sasha Grey dans Girlfriend Experience ou encore Katsuni dans Les Lascars.

Le dernier en date visualisant bien les lettres de son nom gravées sur le Walk of Fame de la Cité des Anges, c’est James Deen. Le petit prince du porno va jouer les premiers rôles dans The Canyons –  réalisé par Paul Schrader et Bret Easton Ellis – au côté de la sulfureuse et pour le moins énigmatique Lindsay Lohan. James, antithèse de son prédécesseur Rocco, qui a plus l’apparence de monsieur tout le monde que du hardeur ultra-viril, devient de ce fait un miroir pour beaucoup d’hommes, miroir dans lequel chacun peut projeter ses fantasmes.

Dans le dernier teaser, on découvre une BO aux sonorités dubstep et un traité graphique fluo à risquer la crise d’épilepsie qui nous rappelle celle du dernier film de Harmony Korine, Spring Breakers ou encore l’univers glauque d’Enter The Void de Gaspard Noé. Ces réalisateurs qui mettent eux aussi, la déchéance, le laisser-aller, l’érotisme au coeur de leur projet, la déviance face à la crise et le vice comme remède pour ces jeunes en mal de repères.

Capture d’écran 2013-07-23 à 18.07.23

Enter the Void – Gaspard Noé, 2009

Si le porno se démocratise dans le cinéma, c’est aussi parce que certains acteurs le rendent plus abordable, moins clivant. James Deen, le boy next door du gonzo US et sa copine Stoya, elle aussi actrice dans des films X représentent à merveille cette nouvelle génération porno-glam. La new-yorkaise s’intéresse à d’autres univers, notamment à l’art et n’a pas hésité à soutenir Occupy Wall Street il y a quelques mois. Celle qui a toujours refusé la chirurgie esthétique a d’ailleurs logiquement tapé dans l’oeil de revues comme GQ ou Vanity Fair.

Capture d’écran 2013-07-30 à 22.39.34

À l’image de James et Stoya, si les stars du X et le porno excitent et suscitent la convoitise c’est avant tout grâce à un personnal branding infaillible et une maîtrise prononcée du digital. Les deux tourtereaux, acoquinés depuis peu a un bébé chat tout mignon, cumulent à eux deux plus de 270 000 followers sur Twitter. Le digital d’ailleurs, parlons-en : grâce au web et l’open-source, ce media joue un rôle déterminant dans cette pornocratisation ambiante, et pas seulement au cinéma. On en reparle dans l’Oeil #2.

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

NE MANQUEZ RIEN !

Un bon bol d'air frais et de créativité, 
une fois par semaine 
dans votre boîte mail


MERCI BEAUCOUP !

Et à très vite...