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Maewan, un camp de base flottant autour du monde

Ce n’est pas un tour du monde comme les autres. C’est un tour du monde des plus beaux spots d’aventure, avec un bateau pour camp de base, une épopée au long cours de 5 ans.

Maewan est un petit voilier d’alu de 11 mètres à peine, transformé en véritable camp de base flottant, qui jette l’ancre au pied des meilleurs terrains d’aventure, souvent inaccessibles par la terre. Une promesse d’inconnu, de grandes premières et de challenges, qui attire à son bord grimpeurs, skieurs, alpinistes, ou navigateurs de renom.

Ils jettent l’ancre où bon leur semble, au pied d’un fjord sauvage, d’un sommet inviolé, d’un big wall ou d’un spot de kayak. Laissant les projets et la météo décider de sa route dans des paysages incroyables, le capitaine Erwan Le Lann étanche ainsi son inextinguible soif de découverte.

« Je navigue pour découvrir d’autres montagnes »

Un guide de haute montagne aux origines bretonnes, ça n’est pas banal… Erwan Le Lann a consacré sa carrière à la montagne, avec plus de quinze expéditions en Himalaya, mais aussi en Patagonie et en Antarctique (notamment en tant que guide pour les expéditions de Mike Horn). Athlète de classe mondiale en escalade sur glace, en ascension de “Big Walls” et en base jump, Erwan a parcouru un nombre incalculable de pays.

Et puis tout à coup, il a eu envie de se lancer un autre défi, de découvrir un autre milieu naturel : la mer. De la navigation, Erwan n’avait que des rudiments, un peu d’optimist en étant gamin et quelques sorties avec des copains. Il retourne en mer aux côtés de ses potes marins, achète un petit voilier sur le Bon Coin, le retape et l’équipe pour de la navigation polaire. « J’ai finalement appris la plupart des choses sur le tas, en me confrontant à la mer, aux situations plus ou moins délicates auxquelles nous avons dû faire face.»

Parti le 8 février 2015 de L’Aber Wrac’h, en Bretagne, Erwan a largué les amarres sans date de retour, évoquant dans un premier temps 2018, puis 2019, laissant le projet s’épanouir sans contraintes.

« J’ai eu envie de changer ma façon de voyager. C’est très différent d’arriver quelque part par avion, ou plus lentement, par la mer. On comprend ainsi mieux le pays, son environnement. On voit le paysage évoluer, les espèces animales changer quand on approche des côtes. J’aime prendre le temps de découvrir chacune de ces régions du globe qui me fascinent, tout au Nord, puis tout au Sud. Le chemin a autant d’intérêt que la destination. Sur Maewan, j’accueille des aventuriers de tous bords, très différents les uns des autres. La gestion des relations humaines, dans un espace aussi confiné, est parfois aussi difficile que la navigation, mais c’est ce qui donne du relief au voyage. Chacun de mes coéquipiers éphémères m’a apporté énormément de choses, c’est très enrichissant et très fort humainement.»

Maewan face aux tempêtes de l’Atlantique Nord

En levant l’ancre depuis l’Aber Wrac’h, Erwan Le Lann et son premier équipage (dont les alpinistes Lionel Daudet et Aymeric Clouet) ont mis le cap sur l’Islande, via l’Ecosse et les îles Féroé. Cette étape islandaise leur a permis de skier d’incroyables couloirs et de grimper des cascades de glace, avec à la clef une magnifique première, baptisée Maewan, évidemment.

De quoi s’en mettre plein les yeux et plein les jambes avant de mettre le cap sur le Groenland, et les féroces tempêtes de l’Atlantique Nord, par 45 noeuds et des vagues de 7 mètres. Au terme de cet épique voyage, alors que Maewan trace sa route parmi les glaces, le Groenland apparaît dans une magnifique aurore boréale. « C’est une image qui ne me quittera jamais, se souvient Erwan. La traversée fut très compliquée, mais heureusement j’avais pour m’accompagner d’excellents coéquipiers, dont le navigateur Eric Loizeau – que nous avons interviewé dans notre premier volume papier. C’était une occasion unique de tester mon « canot » dans de très grosses conditions. Il a beau avoir 30 ans et essuyé quelques avaries, il est sacrément solide ! »

Au Groenland, mer et montagne jouent une partition délicate, tantôt magique et violente. Maewan jette l’ancre dans les fjords du Cap Farewell, permettant aux free riders à bord (Léo Slemett, Adrien Coirier) de grimper les sommets environnants pour s’offrir des descentes magiques de près de 1500 m de dénivelé au dessus de l’eau. Erwan partage son temps entre le bateau, qui ne reste jamais seul, et la montagne. S’il ne peut pas être de toutes les sorties, cela rend plus intenses et plus savoureuses celles qu’il parvient à s’octroyer.

« Naviguer dans la glace demande une vigilance constante »

Car on ne navigue pas au Groenland comme dans n’importe quelle autre partie du globe. « Dans la glace, tout est différent, et personne à bord, pas même les navigateurs, ne s’attendait à une telle complexité. Cela demande une vigilance de tous les instants, avec des guetteurs de chaque côté du bateau et un au sommet du mat. Une minute d’inattention et on court à la catastrophe. La glace est comme un labyrinthe en mouvement, il faut éviter de se faire encercler, ou d’arriver dans une impasse. On avance tout doucement, au moteur, on avance, on recule, parfois il faut descendre du voilier et grimper sur des morceaux de glace pour pousser le bateau. Sans compter les glaçons qui créent des avaries, et les icebergs qui se brisent ou se retournent, créant d’énormes vagues. On a eu des voies d’eau, de la casse sur la dérive arrière. Mais peu à peu, on a appris, réussi à comprendre comment cela fonctionne, comment on devait agir, et puis bien sûr, comment réparer. »

« Grimper au Sud du Groenland est une opportunité rare »

Un peu plus au Nord, un peu plus tard, alors que l’été arrive doucement, ce sont les rochers de Kangerdluarssuk Fjord, qui attirent les convoitises d’Erwan, rejoint cette fois par une nouvelle team de grimpeurs. Mathieu Maynadier, Florence Pinet, Charlotte Barré et Jérôme Pouvreau scorent ainsi des rochers magiques, des big walls de 300 m à 1000m de grimpe (Moby Dick), au gré des escales jusqu’à Tasermiut.

Quand on parle de Big Walls, on pense souvent à Baffin. Maewan a donc mis le cap vers ce haut lieu de la grimpe pour continuer son voyage et récupérer ainsi Nico Favresse et Sean Villanueva, des experts en la matière. « Alors que Sean et Nico grimpaient à Baffin, les locaux leur assuraient qu’ils nous serait impossible de les récupérer vers le 20 juillet. La glace barrait habituellement la route jusqu’en août. Mais on a eu de la chance ce coup ci, la douceur actuelle et notre petite expérience de la glace nous ont permit de nous frayer un chemin. »

Cap sur le Pacifique

Maewan n’en a pas fini avec la glace, loin de là. Le vaillant petit voilier continue sa route par le fameux passage du Nord Ouest : 1 500 km qui relient l’océan Atlantique à l’océan Pacifique en passant entre les îles arctiques du grand Nord Canadien. Ce légendaire passage ne s’ouvre que quelques semaines en été. Un ultime voyage jalonné d’étapes dans des villages inuits, où la population cohabite avec 50 ours polaires.

Maewan, sorti de ce dédale, a mis le cap au Kamchatka, où il passe l’hiver avant de repartir vers de nouvelles aventures.

« Nous repartirons en Avril, direction les montagnes des îles Kuril, entre le Kamchatka et le Japon, avec notamment Xavier De Le Rue et Adrien Coirier à bord. L’été me permettra ensuite de me tester en navigation solitaire, entre la Papouasie et la Nouvelle Guinée. Un mois de face à face avec la mer avant d’ouvrir un nouveau chapitre de grimpe entre l’Australie et la Tasmanie » termine Erwan.

En attendant la suite des aventures de Maewan, voici un court métrage qui vous plonge littéralement dans le quotidien de l’équipage et de leurs exploits :

Photos : Erwan Le Lann, Eric Loizeau, Guillaume Vallot, Emeline Son, Christophe Stramba Badiali, Mathieu Maynadier

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