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Le guide ultime de la photographie d’aurores boréales

Tous les secrets pour observer et bien photographier les aurores boréales

Qui n’a pas rêvé de passer une nuit polaire dans un froid glacial, enveloppé par les volutes dansantes des aurores boréales ? Phil Garcia est guide-photo en Islande, il vous livre ici ses petits secrets pour ramener de bonnes images.

 


 

Comment fonctionne une aurore boréale ?

Les aurores boréales, ou australes si vous êtes dans l’hémisphère sud, sont créées par les éruptions solaires, qui éjectent des particules (électrons, protons, ions) chargées d’énergie électrique dans l’espace. Attirées par le champ magnétique terrestre, ces particules solaires vont se regrouper près de nos pôles. La « zone aurorale » est comprise entre 65 et 70° de latitude. Là, au contact de notre haute atmosphère, elles vont libérer leur énergie notamment sous forme de photons, créant ainsi un phénomène lumineux.

La zone aurorale vue de l’espace (photo© NASA)

Les aurores boréales ont généralement une teinte verte. C’est la couleur principalement dégagée par l’oxygène, l’élément dominant dans les particules solaires. Toutefois, en fonction de l’altitude du phénomène et des autres éléments (azote, hélium, hydrogène), d’autres couleurs peuvent également être observées: rouge, violet, bleu.
Si vous voyagez au Groenland, en Laponie, en Sibérie, dans le nord du Canada ou en Islande, vous risquez donc de voir le ciel s’illuminer de drapés colorés mouvants au rythme des vents solaires. Et cela d’autant plus que la nuit sera complète et exempte de couverture nuageuse pour vous empêcher d’observer le phénomène.

À ce propos, n’oubliez pas qu’à ces latitudes nordiques, la nuit n’a pas le même rythme que chez nous. En été (mai, juin, juillet), il fait jour quasiment 24h/24. Il y est donc impossible d’y observer les aurores boréales. Un « trip aurores » se prévoit donc en hiver, généralement de septembre à mars.

Préparer sa sortie et choisir son spot

Deux facteurs sont garants de vos chances d’observer une aurore boréale.

Le premier est l’indice Kp, qui indique la puissance supposée de l’aurore, sur une échelle de 0 à 9. Il est déterminé à partir des données des satellites qui mesurent l’activité solaire. Lorsque l’astre éjecte beaucoup de particules, et que celles-ci partent dans la direction de la Terre, l’indice Kp augmente, et vos chances de voir une aurore boréale avec.

L’indice Kp est généralement disponible sur les sites météorologiques des pays concernés par les aurores boréales. Toutefois cet indice n’est pas toujours très fiable. Il arrive que les particules se dispersent pendant leur voyage, qui dure entre 2 et 3 jours, et ne soient jamais captées par le champ magnétique terrestre.

Il ne faut donc pas hésiter à sortir, même si l’indice n’est pas très élevé. Un indice de seulement 2 peut être suffisant pour vous permettre de faire de très belles images.

L’indice Kp et la couverture nuageuse tels qu’ils sont présentés par le site météorologique Islandais www.vedur.is

Le deuxième facteur à surveiller est d’ordre météorologique. Il faut absolument que le ciel soit dégagé pour observer le phénomène, qui a lieu à des altitudes comprises entre 80 et 200kms, bien au dessus des nuages. Une application de météo indiquant précisément la couverture nuageuse à chaque heure de la nuit est l’outil idéal. Grâce à elle, vous saurez vers où vous diriger pour trouver du ciel dégagé et augmenter vos chances de voir les aurores à chaque heure de la nuit.

Enfin, choisissez l’endroit où vous allez faire vos photos en évitant de vous trouver trop près de sources de pollution lumineuses, comme les éclairages urbains. Un lampadaire suffit à gâcher l’ambiance. Les montagnes et les grandes étendues désertes seront vos amies ! Vous avez de la chance, ce n’est pas ce qui manque à ces latitudes.

Un bon appareil photo…

Pour capter la lumière de l’aurore boréale, nous allons utiliser la technique de la pose longue. En effet, même si le phénomène parait lumineux dans le ciel nocturne, nous devrons exposer notre image plusieurs secondes. Cela impose d’être muni de deux choses essentielles : un appareil permettant le réglage de la vitesse d’obturation à des temps de plusieurs secondes (ou la pose B) et un trépied pour que l’appareil reste absolument immobile pendant la pose.

Un appareil reflex sera ici l’arme idéale, puisqu’il vous permettra de gérer tous les paramètres d’exposition. Toutefois, il est également possible de réaliser des photos correctes avec d’autres appareils. Un compact permettant un contrôle manuel des paramètres ou un smartphone muni d’une application adéquate peuvent faire l’affaire. Bien entendu, tout système de flash devra être désactivé.

Au niveau de l’objectif, un grand angle est nécessaire pour capter une grande partie du ciel (équivalent 15 à 30mm). Son ouverture maximale est aussi une donnée primordiale. Plus il sera lumineux et moins vous aurez besoin d’augmenter la sensibilité, ce qui vous garantira des images de meilleure qualité.

… un trépied et quelques accessoires

Pour immobiliser votre appareil pendant la pose, un trépied est indispensable. Je vous conseille un modèle en aluminium ou en carbone, qui se pliera de manière assez compacte pour être placé dans votre valise en avion. La plupart des compagnies ne l’accepteront pas en cabine. Pour varier les cadrages rapidement, il sera équipé d’une rotule « ball ». Vous pouvez également fixer sur votre boitier une plaque en L (ou L-bracket). Elle vous permet de passer rapidement d’un cadrage horizontal à un vertical sans devoir remettre le cadre à niveau. En effet, la forme des aurores varie parfois de manière rapide et il est bon d’être assez réactif pour saisir les moments les plus esthétiques.

N’oubliez pas également de partir avec plusieurs batteries de rechange que vous garderez dans une poche chaude. Elles ont tendance à se décharger plus rapidement dans le froid. Une lampe frontale est utile pour accéder aux réglages de votre appareil dans le noir. Enfin, une télécommande filaire vous permettra de déclencher sans enlever les mains des poches !

Le matériel photo nécessaire à la photo d’aurores boréales : trépied et sa rotule ball, boitier muni de sa plaque en L, zoom grand-angle, télécommande filaire et batteries de rechange.

Les réglages efficaces

C’est le moment de parler chiffres. Pour saisir la lumière d’une aurore, vous aurez besoin de réaliser une pose assez longue pour fixer assez de lumière sur la surface sensible. Toutefois, si votre pose est trop longue, à cause de la rotation de la Terre, les étoiles ne se présenteront plus comme des points lumineux mais comme des traits inesthétiques. On applique alors la formule dite « des 500 ». Il faut diviser 500 par votre focale en mm pour obtenir la durée maximum de la pose. Par exemple avec un grand angle de 20mm, cela donne 500/20= 25 secondes.

Ce calcul vous donne une valeur maximale, mais si vous voulez vraiment privilégier les détails de l’aurore, je vous conseille d’essayer de réduire cette durée entre 5 et 10 secondes. Cela vous obligera à utiliser l’ouverture maximale de votre objectif et à augmenter la sensibilité. En retour, le résultat sera plus flatteur.

Pour ma part, je commence généralement mes séances avec cette combinaison : Mode manuel, 1600 ISO, f/4, 10 secondes. J’adapte ensuite l’exposition en fonction de la luminosité de l’aurore, en jouant sur la sensibilité ou l’ouverture et en réduisant la pose quand c’est possible. Je vérifie toujours l’exposition sur l’histogramme, pour ne pas me laisser berner par la luminosité importante de l’écran arrière de l’appareil dans la nuit. C’est la seule manière fiable de vérifier que sa photo n’est pas surexposée ou sous-exposée.

C’est en vérifiant que la courbe d’exposition est centrée dans l’histogramme que l’on peut s’assurer de la bonne exposition même dans la nuit.

Un dernier conseil pour la prise de vue : soignez votre mise au point. Pour les photos nocturnes, vous devez toujours vous mettre en mise au point manuelle, et réaliser le réglage à l’infini via l’écran arrière. Vous pouvez zoomer numériquement sur une étoile très lumineuse, ou un point situé à l’horizon. Une fois la mise au point faite et vérifiée, n’y touchez plus ! Certains photographes scotchent même leur bague de mise au point pour s’assurer qu’elle ne tournera pas.

Le traitement de l’image

Si vous avez tenu compte de tous ces bons conseils lors de la prise de vue, le post-traitement de l’image devrait être très simple. Il vous suffira de « faire les niveaux » (pour que le ciel soit bien sombre), et éventuellement d’appliquer un filtre pour réduire le bruit numérique. Il se peut qu’il soit apparu à cause de la pose longue ou de la sensibilité ISO élevée.

Pour le reste, l’aurore saisie par l’appareil photo devrait naturellement être encore plus impressionnante qu’en vrai, car votre capteur est plus sensible aux contrastes générés par l’ambiance nocturne que vos yeux, qui s’habituent rapidement à la pénombre. Vos souvenirs photographiques n’en seront que plus beaux !

©Finn Beales

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