Denis Darzacq / Série et réflexion

La photographie est un art. Le sens de ce mot le définit comme tel « peindre avec la lumière ». Peindre. Un mot on ne peut plus représentatif quand il s’agit de parler d’art. Figer un instant. L’appareil photo est devenu un objet banal, d’avantage encore avec l’avenement des smartphones. Ce n’est donc pas sur la technique qu’il faut s’arrêter mais sur l’histoire que nous essayons de raconter à travers nos clichés. Il n’est pas nécessaire de partir à l’autre bout du monde pour réaliser un reportage intéressant et devenir reconnu. Denis Darzacq peut le prouver. Quelle est la différence entre lui et nous? Hormis ses prix, dont celui  de Niépce reçu au mois de juin, ce sont les émotions et les idées qu’il transmet.

Parmi les séries de photos qu’il a réalisé, nous avons Act. Denis, oui je me permets de l’appeler par son prénom, réalise là un travail autour du handicap et de l’affirmation de son individualité.

Un handicap ne se résume pas seulement à l’assignation d’un statut social. Il s’agit avant tout d’un individu dissemblable. Difficile de nier l’existence d’une personne physiquement différente du commun des mortels. La réflexion ne s’arrête pas à la mise en lumière de Jack ou d’Adrien, elle continue pour nous faire partager leur univers, leur perception du monde qui les entoure.

Je commence par présenter ce travail état donné qu’il s’agit de la raison de son prix Niépce, définit comme l’équivalent du prix Goncourt pour les auteurs français. Il ne s’agit cependant pas des clichés qu’il a réalisé que nous pouvons classer parmi ses plus célèbres. La Chute et sa suite Hyper restent parmi ses plus fameuses compositions.

Jack Riley. Cliché issue de la série de photos Act 2009-2011
Adrien Kempa. Cliché issue de la série Act 2009-2011

La Chute oppose la légèreté des corps des jeunes photographiés pendant un saut à l’architecture imposante du milieu urbain. Il aurait pu appeler la série « En apesanteur ». Ce moment où nous échappons à la gravité. Il reprend l’idée dans Hyper mais la transpose aux supermarchés. Une manière de faire un pied de nez à l’univers de surconsommation que représente les grandes surfaces.

Chacune de ses séries invitent à la réflexion. Il est difficile de ne pas s’arrêter devant chaque cliché pour en comprendre l’essence, le message que Denis Darzacq souhaite nous faire passer.

 

Cliché issue de la série La Chute, 2006
Cliché issue de la série Hyper, 2007-2008

 

  • Anne Charlotte 11 July 2012

    Ces clichés sont sympas. Je suis d'accord avec toi quand tu dis qu'il ne faut pas s'arrêter à la technique mais à l'histoire que les clichés racontent, je dirais même plus aux sentiments, aux sensations qu'elles transmettent. Grands nombres de photographes l'oublient, ils ont une super technique mais leurs photos ne renvoient rien. J'aime beaucoup la photo de Jack.

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