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À la rencontre de 3 associations qui luttent pour l’environnement, au pied du Mont-Blanc

L'écho de tout un peuple dans la vallée

À l’occasion de la création de notre quatrième magazine papier, The Collective Issue, nous avons collaboré avec Patagonia pour rentre visite à trois associations qui luttent, chacune à leur manière, pour la protection de l’environnement dans la vallée de Chamonix. Un dossier accompagné de photos d’Arnaud Teicher du Fresh Air Club publié aujourd’hui en ligne, afin que tout le monde puisse en prendre de la graine.

 


 

D
epuis sa création en 1972, la marque outdoor californienne Patagonia porte une attention toute particulière à son impact sur la planète avec un motto simple : il faut rendre à la nature ce qu’elle nous a donné.

Yvon Chouinard, son fondateur, grimpeur depuis l’âge d’or de l’escalade au Yosemite et précurseur du clean-climbing dans les années 70, a passé sa vie à étudier, développer et perfectionner des techniques de fabrication qui lui permettent de réduire au maximum le coût écologique de ses produits. Jamais rassasié, il s’est associé en 2002 à son ami Craig Mathews, lui fondateur de Blue Ribbon Flies, pour lancer l’initiative 1% for the Planet.

L’idée, qui repose sur la conviction pragmatique que l’on peut parfaitement combiner croissance économique et action écologique, encourage entreprises et particuliers à reverser 1% de leur chiffre d’affaires à des associations œuvrant pour la protection et la préservation de l’environnement.

En 14 ans, 1 200 entreprises de 48 pays ont ainsi reversé plus de 100 millions de dollars à 3 300 associations partenaires du programme.

Nous sommes allés rendre visite à trois d’entre elles à Chamonix, au pied du mont Blanc, un lieu mythique pour tous les amoureux d’alpinisme et de montagne – et symbolique pour Patagonia, qui y a installé son premier magasin européen en 1987. Avec leurs membres, nous avons discuté des actions passées, des projets en cours, de la nécessité de se regrouper pour faire bouger les choses et des problèmes environnementaux majeurs qui pèsent sur la vallée. En espérant qu’il ne soit pas trop tard pour inverser la tendance.

Boutch à Boutch, le fruit de la démocratie

En général, les discussions de comptoir n’offrent que des idées banales : ouvrir son propre bar – où la musique sera trop cool et les shots gratuits après minuit –, lancer une boîte pour “Uberiser” le marché de la plomberie ou encore quitter son boulot et son conjoint pour faire le tour du monde. Pourtant, c’est sur le coin d’une table de l’Elévation 1904, leur point de rendez-vous hebdomadaire situé dans le centre ville de Chamonix, que Timothée, Myriam, Alexandre, Noé et leur bande de potes ont décidé de changer les choses. Fatigués de refaire le monde et de ressasser chaque week-end les problèmes de la vallée, pour finalement reprendre le cours de leur existence le lundi venu, ils se sont organisés pour essayer d’y trouver eux-mêmes des solutions.

Depuis 2013, l’association Boutch à Boutch s’attache donc à mettre en place des initiatives de quartier visant à améliorer le quotidien des habitants, avec un fonctionnement très inspiré de la votation populaire suisse, où chaque citoyen peut proposer ses idées et voter pour celles des autres lors de rassemblements publics.

Le succès est immédiat. La votation populaire organisée la première année rassemble plus de 200 personnes, entre citoyens enthousiastes informés via les réseaux sociaux et élus locaux, forcés de s’intéresser au mouvement par les élections municipales qui approchent. Au terme de cette journée, comme le veut la pratique, les votes ont déterminé cinq propositions qui, discutées en assemblée générale quelques semaines plus tard, ont permis de sélectionner un projet à mettre en place l’année suivante : les potagers partagés.

Baptisée “le potager de mon pote âgé”, cette initiative proposée par un citoyen dont le voisin, trop âgé, ne pouvait plus s’occuper seul de son bout de terre, vise à mettre en relation les habitants qui possèdent des terres cultivables, avec des habitants qui souhaitent les cultiver.

Mais pour les membres de l’association, pas question d’en rester là. Si on veut que l’idée prenne, il faut montrer l’exemple. Après de longues négociations avec la mairie, ils parviennent à décrocher un espace vert de 400 m2 sur lequel ils pourront installer leur potager pilote. Un espace purement éducatif dont le but n’est pas de produire en quantité, mais d’informer sur les bonnes pratiques de la permaculture, une méthode d’agriculture alternative théorisée dans les années 80 par Bill Mollisson et David Holmgren. Dite “régénérative”, elle s’oppose à l’agriculture dégénérative – via laquelle on extrait plus que ce que l’on apporte au sol – majoritairement utilisée de nos jours. Sous la houlette de Guillaume, le spécialiste en permaculture du groupe, c’est ainsi plus de 40 personnes qui se retrouvent le temps d’un week-end pour monter des buttes et lits de culture, préparer le sol, ramener des troncs d’arbres morts et replacer des couches de matière organique sur le terrain. “C’est incroyable d’avoir pu travailler autant en si peu de temps. On a fait en 48 heures ce qui pourrait prendre plusieurs mois dans certaines institutions.”

“C’est incroyable d’avoir pu travailler autant en si peu de temps. On a fait en 48 heures ce qui pourrait prendre plusieurs mois dans certaines institutions.”

L’enthousiasme contagieux du jeune homme expose directement les bienfaits de la démocratie participative. Tout le monde est impliqué dans le processus, depuis la proposition jusqu’à la réalisation du projet, donc tout le monde se sent concerné et la force qui en résulte est décuplée.

Mais au delà de la performance, c’est surtout la philosophie qui englobe le projet qui illustre sa véritable réussite. “On voulait vraiment mettre en place un lieu ouvert à tous. On a eu des sceptiques, qui nous ont rétorqué que nous allions nous faire voler nos légumes, mais techniquement c’est impossible, car ici les légumes sont à tout le monde. Chacun est libre, membre de l’association ou non, de cueillir ce qu’il veut dans le jardin. Évidemment, on l’encourage à penser à ceux qui viennent derrière, à venir donner un coup de bêche le dimanche s’il a le temps, mais tout se fait de manière très spontanée.” Pour la fête du jardin, organisée chaque année, les habitants ont d’ailleurs pris l’habitude de ramener des tartes confectionnées avec la cueillette du potager.

Aujourd’hui encore, ce jardin partagé est un succès, et quand les gens pensent à Boutch à Boutch, ils pensent instinctivement au potager. Pourtant, le groupe a depuis lancé deux autres initiatives. Une par an, comme prévu au départ. Toujours avec le même système de propositions et le même état d’esprit, mais, malheureusement, pas toujours avec le même résultat. Bien que votée pour 2015, La Maison Chamoniarde des initiatives citoyennes (MAIC), prévue pour héberger une banque de graines, une bibliothèque participative ou encore une recyclerie et rassembler les citoyens autour d’ateliers collectifs, n’a toujours pas trouvé son local. La mairie, qui avait pourtant promis de s’en occuper, repousse l’échéance et semble avoir mis le dossier de côté. Quant au projet de compost collectif des déchets organiques “Passez, Compostez”, voté lui pour 2016 et financé en partie par Patagonia, il peine à se développer à cause des lourdeurs administratives liées au partenariat passé avec le SITOM, l’organisme en charge du traitement des ordures ménagères dans les vallées du Mont-Blanc. Une déception que ne cache pas Timothée, le président de l’association.

Ce n’est donc ni les idées, ni l’argent – les cotisations suffisent à payer les maigres dépenses effectuées – ni l’entrain qui manquent, mais finalement la rigidité de l’action administrative et la lourdeur de la bureaucratie qui ralentissent les initiatives. Un mode de pensée différent et régressif contre lequel se battent au quotidien les 150 membres de l’association pour tenter de pérenniser les actions passées et d’en implanter de nouvelles. Pas question de se décourager pour autant. Ils travaillent actuellement les propositions de 2017 et savent qu’en plus de leurs réussites directes, ils ont déjà inspiré quelques voisins, quelques touristes, quelques passants, à reproduire l’initiative ailleurs, à s’engager pour leurs idées, et à croire en la démocratie.

Boutch à Boutch
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Mountain Wilderness, par amour de la montagne

Le 8 août 1786, le chasseur de chamois, cristallier et guide Jacques Balmat et son ami le docteur Michel-Gabriel Paccard ont réussi la première ascension du majestueux mont Blanc. Un exploit de 4 809 mètres, réalisé sans cordes, piolets ni crampons, par un itinéraire dangereux qui sera abandonné par la suite.

200 ans plus tard, pour célébrer ce succès, de nombreuses commémorations sont organisées dans les vallées du Mont-Blanc, du côté français comme du côté italien. Les plus grands alpinistes du monde y sont conviés pour échanger sur la montagne ainsi que sur les enjeux sociaux et environnementaux qui l’entourent.

Des discussions qui ont entrainé, l’année suivante, la naissance du mouvement Mountain Wilderness International, à Biella en Italie. Son objectif ? Sauvegarder la montagne, sous tous ses aspects, en s’appuyant sur les “Thèses de Biella”, méticuleusement rédigées et adoptées lors du congrès fondateur. Un texte spécifiant constats et résolutions, qui aborde entre autres le tourisme, les loisirs motorisés ou l’urbanisme, que 21 ambassadeurs seront chargés de défendre dans leurs pays respectifs. En commençant cependant par balayer devant leur porte, car une bonne partie des thèses se penche sur l’impact écologique et la dimension éthique des expéditions en montagne – mis en lumière par les comportements colonialistes des alpinistes dans certaines parties du monde.

La branche française de Mountain Wilderness compte aujourd’hui quatre employés, 350 personnes réellement impliquées dans la vie de l’association et plus de 1 500 adhérents, qui partagent l’ensemble des positions du groupe. Des citoyens, anciens guides, instituteurs ou hauts fonctionnaires qui se retrouvent tour à tour à piloter une action de nettoyage, de sensibilisation ou une manifestation. C’est d’ailleurs l’une des fiertés de Vincent Neirinck, co-directeur et chargé de mission au sein de l’association. Ce sont des bénévoles qui donnent de leur temps comme des professionnels. Ici, tout le monde a un rôle, tout le monde peut prendre en charge un projet.”

« Ce sont des bénévoles qui donnent de leur temps comme des professionnels. Ici, tout le monde a un rôle, tout le monde peut prendre en charge un projet. »

Une organisation collective qui permet de mener de nombreuses campagnes simultanément. Parmi les plus importantes, “Changer d’approche” propose aux touristes de privilégier les modes de transports alternatifs à la voiture individuelle, de s’immerger davantage en montagne, en goûtant aux saveurs locales et en contribuant à faire vivre l’économie complète. Pour cela, l’association ouvre de nouveaux itinéraires, sensibilise la population sur le sujet ou met en place des bases de données participatives afin que les voyageurs s’échangent des bons plans. La campagne “Silence”, quant à elle, pointe du doigt l’invasion de la montagne par les loisirs motorisés. Elle vise à mieux encadrer les pratiques, comme le survol des hélicoptères de plaisance par exemple, et à interdire les rassemblements de 4×4, de quads ou de motoneiges, qui, s’ils n’enfreignent pas toujours la législation, s’accaparent une trop grosse partie du territoire.

Pour garder le cap et gérer tous ces projets, l’association a mis en place au fil du temps une méthode de travail en trois étapes. D’abord, dénoncer un problème et montrer son ampleur, ensuite, prouver qu’on peut le résoudre par des actions simples et enfin, veiller à mettre en place des mesures pour éviter qu’il ne se reproduise.

Un schéma qui explique le succès de la campagne des “installations obsolètes”. En effet, après avoir recensé les installations abandonnées dans la vallée, l’association s’est lancée dans le démontage de certaines d’entre elles. Une tâche lourde et semée d’embûches pendant laquelle il a fallu partir à la recherche des propriétaires, obtenir les autorisations, trouver des financements… Afin de faciliter le travail de ceux qui voudraient répliquer l’expérience, et de gagner un temps inestimable sur la suite du programme, les membres ont donc créé un mode d’emploi qui détaille l’intégralité du processus, de la mobilisation au travail administratif en passant même par les bonnes pratiques pour la récolte de fonds. Pour finir, l’association s’est accordée avec les élus afin de renforcer les devoirs des constructeurs envers leurs installations futures. Résultat, en 15 ans, l’association a déchargé la montagne de plus de 400 tonnes d’aménagements abandonnés, sans compter tout ce qui a été réalisé par d’autres groupes inspirés par la démarche.

Car c’est aussi ça, Mountain Wilderness. S’il faudrait déjà des pages entières pour énumérer toutes les actions de l’association à travers le monde, entre expéditions de nettoyage en Himalaya, formation de guides afghans, projets inter-associatifs, manifestations emblématiques et pétitions aux milliers de signatures, on pourrait sans aucun mal écrire un livre sur toutes les initiatives indépendantes qu’elles ont entraînées.

Des initiatives diverses qui tendent pourtant toutes vers un même but : que la montagne soit considérée à sa juste valeur et qu’elle repose sur une économie de territoire plutôt que sur une économie de station. Afin que touristes, commerces, résidentiels et environnement soient tous gagnants sur le long terme. Vincent conclut : “Le problème, c’est que toutes les réflexions sont basées sur des chiffres erronés. On dit que 80% voire 90% de l’économie de montagne se fait en hiver, alors que c’est plutôt 50% sur l’ensemble des massifs de France. Mais finalement, Il n’y a pas besoin de construire un kilomètre de piste de plus que le voisin, ou d’aller chercher la neige sur les glaciers pour commencer la saison plus tôt. L’idée serait plutôt d’offrir des randos en raquette avec le forfait, des nuits en refuge ou d’initier à l’escalade, peu importe. Il y a plein de choses à faire à la montagne, et chaque vallée a ses caractéristiques propres. C’est là-dessus qu’il faudrait communiquer. En Europe, 80% des gens habitent en ville, ils ne savent plus ce qu’est un bout d’herbe et le seul truc qu’on leur vend c’est la pratique du ski alpin. Ils méritent bien mieux que ça. On leur parle quand de la vraie montagne ? »

« En Europe, 80% des gens habitent en ville, ils ne savent plus ce qu’est un bout d’herbe et le seul truc qu’on leur vend c’est la pratique du ski alpin. Ils méritent bien mieux que ça. On leur parle quand de la vraie montagne ? »

30 ans après sa création, et comme au premier jour, Mountain Wilderness — reconnue d’utilité publique et récompensée du Grand prix de l’académie des sciences morales et politiques — continue de défendre cet environnement d’altitude, “où tous ceux qui le désirent peuvent faire l’expérience d’une rencontre directe avec les grands espaces, et y éprouver en toute liberté la solitude, les silences, les rythmes, les dimensions, les lois naturelles et les dangers” (extrait des thèses de Biella). Et ce n’est pas près de s’arrêter !

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Environn’Mont Blanc, un second souffle pour la vallée

Enfants, les trentenaires d’aujourd’hui ont tous rechigné contre la balade dominicale imposée par leurs parents, préférant rester au chaud à regarder la télé plutôt que de sortir “prendre l’air”, comme le veut la formule. S’ils avaient su que, seulement quelques années plus tard, les pics de pollution pousseraient les autorités à conseiller aux habitants des grandes villes de s’enfermer chez eux à certaines périodes de l’année, ils en auraient sûrement profité davantage. Aujourd’hui, le fléau n’est plus réservé qu’à Paris, Marseille ou Lille, mais se répand comme une traînée de poudre, notamment au pays du Mont-Blanc, où les habitants s’inquiètent pour leur santé.

En 1996, les citoyens de la vallée créent Environn’Mont Blanc, une association visant à combattre un projet d’aménagement routier gigantesque sur la Route Blanche, à l’entrée des Houches. Forts de leur victoire, et donc de l’annulation de ce projet d’échangeur démesuré, les membres ont depuis continué à se battre, principalement pour le respect de l’environnement, de la santé et l’amélioration de la qualité de vie, en particulier face aux nuisances sonores et à la pollution de l’air engendrées par la route d’accès au tunnel du Mont-Blanc.

Anne Lassman-Trappier, la présidente du mouvement, nous raconte ses premières années d’engagement. “On a vraiment eu du mal à faire entendre notre voix. Jusqu’au milieu des années 2000, les gens ne croyaient pas à la pollution en montagne. Puis, on a commencé à recevoir des relevés réguliers de la qualité de l’air, qui ont entraînés une prise de conscience par étapes. En 2009, un rapport annonçait qu’on avait les taux les plus élevés de France sur certains polluants, ça a été le déclic.”

Au début de l’année suivante, alors que la chape de plomb qui recouvre la vallée est désormais régulièrement visible à l’œil nu, le maire de Chamonix Éric Fournier prépare un plan de protection de l’atmosphère. L’association y ajoute dix propositions, dont une partie sera retenue. Mais le préfet et de nombreux élus considèrent toujours les membres d’Environn’Mont Blanc comme un petit groupe de mécontents, au pouvoir dérisoire. “C’est à ce moment-là qu’on a décidé de montrer qu’on était nombreux, en rendant tout ces gens visibles” reprend Anne.

La campagne “Inspire” est lancée. Un second souffle pour l’association, qui après quelques mois de préparation, gagne rapidement son pari grâce à un film de sensibilisation efficace et à une pétition – qui présente cinq mesures prioritaires pour améliorer la qualité de l’air – signée par près de 10 000 personnes. “Deux fois par semaine, on envoyait une mise à jour du nombre de signatures dans la boîte mail du préfet, et quand on a atteint les 6 000 noms, il nous a convoqué dans son bureau. Il a pris conscience que le problème était majeur.”

“Deux fois par semaine, on envoyait une mise à jour du nombre de signatures dans la boîte mail du préfet, et quand on a atteint les 6 000 noms, il nous a convoqué dans son bureau. Il a pris conscience que le problème était majeur.”

Rassemblements, événements, manifestations… Depuis, toutes les actions de l’association se basent sur le regroupement des citoyens. “On utilise vraiment la force du nombre. On ne peut rien faire tout seul, surtout sur des sujets aussi colossaux que les transports et l’industrie, qui nécessitent des décisions au niveau national, voire international.” Une complexité qui a également poussé les membres à adopter la politique des petits pas et à développer de nombreux partenariats inter-associatifs.

Aujourd’hui, Environn’Mont Blanc rassemble plus de 250 membres, qui se penchent également sur les impacts du résidentiel. En effet, les déplacements, la consommation et surtout le chauffage des citoyens représentent une grosse part de la pollution de l’air de la vallée. “On sensibilise beaucoup, on expose des preuves chiffrées, comme le fait qu’une cheminée classique, complètement inefficace, pollue cent fois plus qu’un poêle à bois par exemple. On encourage ensuite les gens à remplacer leurs installations et on s’accorde avec les élus pour mettre en places des aides financières sur le sujet. Le but est de changer les mentalités d’abord, mais aussi d’accompagner les gens tout au long du processus.”

En 2017, l’association se prépare à lancer son plus gros projet jusqu’alors. Un web-documentaire interactif en huit chapitres mis à disposition gratuitement sur un site dédié, qui proposera des idées et des solutions pour pousser les citoyens à agir. Ce film, en cours de réalisation et de recherche de budget, abordera chaque thème de manière décalée et rassemblera divers intervenants, qu’ils soient sportifs, chercheurs pour l’OMS ou habitants de la vallée.

“On sensibilise beaucoup, on expose des preuves chiffrées, comme le fait qu’une cheminée classique, complètement inefficace, pollue cent fois plus qu’un poêle à bois par exemple. »

En attendant, les membres continuent de faire le tampon entre les lobbys et l’état, de demander l’obligation pour les industriels de renseigner leurs émissions et de réclamer des pistes cyclables via les rassemblements Vélorution’Air. Au cœur du sujet également, l’amélioration des infrastructures pour transformer le parcours du combattant que représentent les trajets en train à destination de la vallée, faits de correspondances interminables et de suppression de trafic, en balade de santé. Mais pour Anne, le projet le plus important reste celui de l’autoroute alpine qui traverse les Alpes françaises du Nord, destinée à accueillir camions et remorques afin de réduire le trafic, rénovée à grand frais il y a une dizaine d’années et encore trop peu utilisée.

Alors que beaucoup la considèrent encore comme une dérangeante adversaire de nombreuses pratiques économiques, Anne a reçu la légion d’honneur cette année, preuve de l’efficacité et de l’importance de son engagement. Proposée par l’association France Nature Environnement, cette distinction nationale lui a été remise lors d’une cérémonie dont la date coïncidait parfaitement avec le vingtième anniversaire de l’association. Un nouveau palier franchi, qui annonce, on l’espère, un ciel dégagé sur Chamonix.

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Ce dossier a été rédigé en partenariat avec Patagonia, mais écrit en toute sincérité par nos soins.

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